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02
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2010
Parce que, tout de même, un homme, c'est bien autre chose...
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Parce que, tout de même, un homme, c'est bien autre chose, que le petit tas de secrets qu'on a cent fois dit. Bien autre chose, en deçà et au delà de l'histoire qui le concerne, comme un pays sans frontière, et l'horizon ne tient pas la longe qu'aux yeux.
C'est un pays rêvé quand on ne rêvait pas encore, et c'est le rêve d'un pays qui vous mène quand tout dort, quand on est soi-même endormi.
Au réveil, ça vous colle à la peau.
ça vous remplit et ça vous vide tout à tour.
La plénitude et le manque, systole, diastole, flux, reflux, qui font aller l'homme comme la mer, d'un bord à l'autre de lui même. L'égarent, le renversent, le relèvent.
Parce qu'un poète, c'est toujours un pays qui marche, boiteux parfois, cassé, cagneux, tanguant, tout ce qu'on voudra, mais debout, en avant, dressé comme la forêt, même si c'est son ombre toujours sur la terre qu'on voit, ou son reflet. L'illusion est complète pour qui croit le comprendre. Lui même ni comprend rien.
Se laisser porter deça, delà/pareil à la feuille.
Va, vit, vivre, hirsute, ivre de jouir.
Fait la nique à son image ou s'y noie.
Insatisfait toujours, satisfait comme il faut quoiqu'il arrive.
et tout le reste est littérature."
Guy Goffette. Verlaine d'ardoise et de pluie.
Editions Gallimard. 1996

