Et si nos peurs, nos projections et nos attentes de parents pesaient trop lourd sur les épaules de nos enfants ?
Inquiets des difficultés scolaires rencontrées par nos enfants, nous exerçons une telle pression, que sans le vouloir, nous les insécurisons.
L’enfant ne vit plus son parent comme un allié et un soutien mais quelqu’un qu’il doit satisfaire et rassurer. Ce besoin de ré-assurance du parent étant impossible à « rassasier », l’enfant se décourage et désinvestit progressivement l’école.
Si le monde du travail est présenté comme hostile, si les autres sont présentés comme des concurrents (compétition), l’enfant ne se sent pas en sécurité et peut parfois, ne se sentant pas à la hauteur de ce qui est exigé de lui, renoncer.
Il est nécessaire de distinguer exigence et pression.
« La bonne exigence est celle qui soutient l’enfant, prend en compte ses points forts et ses points faibles, et les guide à aller de l’avant. Dans cette relation, le parent est un partenaire. A l’inverse, la pression est faite de harcèlement, d’intrusion, de menace, de chantage, de culpabilisation, elle est tendue vers un seul résultat et nie l’enfant pour ne s’adresser qu’à l’élève »*
Pour les parents, il s’agit ainsi d’ACCOMPAGNER son enfant sur le chemin de l’apprentissage.
Le risque pour l’enfant est que la pression qui s’exerce ne vise que les résultats et la quantité de travail fourni.
Au lieu de le stimuler, sa curiosité s’éteint et il se démotive.
Les parents d’aujourd’hui sont persuadés qu’ils sont responsables du devenir de leur enfant. Pris dans cette conviction, ils emprisonnent leur enfant dans leurs projections : ce que j’aimerai qu’il soit.
Il est nécessaire de ne pas confondre nécessaire et saine exigence et pression.
L’exigence est le fruit de la distinction que le parent peut faire entre l’intêrét objectif de l’enfant (quels sont ses besoins ?) et ce qu’il projette de ses propres inquiétudes.
Le « bon »positionnement du parent est à trouver du côté de la VIGILANCE BIENVEILLANTE.
Ce qui est mis en place satisfait l’enfant : le rythme de travail adapté, la compréhension positive de ses difficultés.
Davantage de soutien positif et de valorisation des points forts ; moins de reproches et de fixations sur ses erreurs et difficultés.
Les parents peuvent alléger sans renoncer aux exigences, le stress de leur enfant et accroître leur motivation et leur épanouissement.
Les parents ont à adopter des attitudes au plus proche de la réalité de leur enfant. Si la barre est trop haute, l’enfant n’ose pas la franchir. Il doute, il a peur, il se « bloque ».
Il appartient aux parents de filtrer leur propre stress, de ne pas dramatiser chaque événement de la vie scolaire.
Fournir un climat émotionnel apaisé autour de l’enfant est une priorité pour permettre la réussite.
« Quand son enfant tombe en vélo, aucun parent ne se met en colère. Au contraire, il court à côté de lui et le relève, jusqu’à ce qu’il roule bien tout seul. Pourquoi ne pas agir ainsi avec les apprentissages scolaires ? Certains enfants apprennent vite, d’autres ont besoin de plus de temps, sont lents, dispersés…TOUS ont besoin d’une attention SOUTENANTE mais pas trop envahissante.
Il s’agit de leur permettre d’être ACTEUR de leur scolarité.
Offrir une présence chaleureuse apporte et renforce le sentiment de sécurité intérieure. Réaliser des choses en famille sans enjeu, cuisiner ensemble, se promener, faire des jeux, regarder un film ensemble, autant d’apprentissages invisibles mais FONDAMENTAUX.
Essayer de comprendre positivement avec les enseignants, à l’aide d’un psychologue, ce qui pose problème peut permettre de prendre du recul. Rechercher des solutions pratiques avec l’enfant pour que ses apprentissages se déroulent plus facilement.
Changer de posture avec son enfant, c’est lui permettre de gagner en assurance. Persuadé de sa valeur, de ses capacités, il va affronter avec plus de présence pleine les apprentissages.
L’enfant en difficulté a besoin d’être sécurisé (soutenu positivement et sans dramatisation), valorisé (mettre l’accent sur ce qui fonctionne), stimulé (le travail procure du plaisir et s’intègre au quotidien de l’enfant).
