jeu

01

jui

2010

...néanmoins je pense que tu ne resteras pas privé de solution...

"Ici, où s'étend autour de moi un pays immense, sur lequel passe le vent venu des océans, ici je sens qu'aucun être humain, nulle part, ne peut répondre pour toi à ces questions et à ces sentiments qui, au plus profond d'eux-mêmes, sont animés d'une vie propre : car même les meilleurs s'égarent dans les mots quand ils veulent parler de choses fort délicates et presque inexprimables. Néanmoins, je crois que tu ne resteras pas privé de solution si tu t'attaches à des objets similaires à ceux dans lesquels mes yeux puisent maintenant le repos. Si tu t'accroches à la Nature, à la simplicité de la Nature, aux petites choses que presque personne ne voit, qui peuvent devenir énormes et démesurées de manière si inattendue ; si tu as cet amour pour les choses insignifiantes et si tu cherches, très humblement, tel un pasteur, à gagner la confiance de ce qui paraît pauvre : alors tout deviendra plus facile, plus cohérent et, d'une certaine façon, plus conciliant, peut-être pas dans ton intelligence, qui traîne derrière, hébétée, mais dans ta conscience la plus profonde, dans ton état de veille et de connaissance."

 

Rainer Maria Rilke

 

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jeu

17

jun

2010

Bon anniversaire à la Soupe de l'espace.

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ven

11

jun

2010

Souffrance psychique

...

Précisément...

...

ce qui est perturbé (la pathologie ?), ce n'est PAS l'intra-psychique, c'est l'EXISTENCE en tant qu'être au monde.

 

Cet être au monde qui est perturbé, se caractérise par :

- une stéréotypie de l'expérience

- un rétrécissement de la liberté

- une dénégation de la responsabilité

- une impossibilité à affronter ou à créer de la nouveauté

 

Le travail du thérapeute est alors d'aider la personne à sortir de son cercle vicieux, en créant du jeu, de la distance pour que la personne redevienne à nouveau en possession de sa vie....

 

"et maintenant avec tout ce que j'ai déjà vécu et expérimenté, avec ce qui me constitue, comment vais je pouvoir organiser mon expérience à venir sans tomber dans la répétition"

 

Il s'agit ici d'inventer quelquechose d'autre, une nouvelle manière de FAIRE, de COMPRENDRE, d'ETRE.

 

Un tel ajustement est en soi, une croissance.

 

 

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mar

01

jun

2010

Souffrance et travail. Donner forme à nos jours

Extrait d'une interview d'Alain De Botton

 

"D'une manière générale, l'ensemble des processus de production sont rendus invisibles aux consommateurs, parce que ce monde est supposé être un monde de souffrance et d'exploitation.

 En tant que consommateur, vous ne voulez pas connaître la souffrance.

 

On vous protège de ce savoir dangereux qui vous empêcherait de jouir du bien que vous consommez. Il y a aussi l'idée que c'est ennuyeux et inintéressant. Quand vous voyagez à l'étranger, vous ne voulez pas qu'on vous rappelle l'horreur du travail, vous voulez vous faire plaisir, visiter des jardins, des musées, des palais, mais surtout pas des lieux de travail. C'est très moderne ! Il y a deux cents ans, lorsque vous arriviez dans une ville, vous visitiez ses docks, ses ports, ses fabriques. La peinture montrait les gens au travail : dockers sur les quais, boulangers devant leur four, marchands sur la grand-place, femmes cousant aux fenêtres. Des scènes dont la fonction était de représenter la ruche humaine, la cité des métiers.

 

Aujourd'hui, le travail nous obsède complètement, nous croyons qu'il peut nous fournir, avec l'amour, la principale source du sens de notre vie. Le choix de notre profession est censé définir notre identité au point que la première question que nous posons aux gens que nous rencontrons ne porte ni sur leur origine ni sur leur famille, mais sur ce qu'ils font. Et pourtant, le travail a disparu de l'art et des loisirs, comme si nous étions devenus inaptes à en appréhender l'intérêt et la beauté.

 

Plus on y consacre de temps, moins on a de mots, d'images, de distance par rapport à cette activité…

 

Privés d'images et de discours, nous n'avons que des fantasmes. À gauche, c'est celui selon lequel le travail est nécessairement une souffrance. À droite, c'est, au contraire, celui du travail comme moyen de s'accomplir. Ce sont les deux grands mythes du travail : l'exploitation et la réalisation de soi. Si, au-delà de ces mythes, on s'intéresse à la réalité, les seules données à notre disposition sont économiques. L'économie est l'unique langage qui parle de la réalité du travail. Nous avons perdu la capacité à exprimer le travail dans le langage humaniste, qui est celui de l'art. Or, le « drame » du travail n'est pas seulement économique, il est d'abord et avant tout humain.

 

Votre peinture du monde du travail est ambivalente. Vous admirez, comme Diderot en son temps, la prouesse technologique des systèmes de production et d'échange. Mais vous mettez aussi en évidence la défaillance des valeurs qui soutiennent cet édifice…

 

Comme Diderot, j'admire les arts mécaniques, reflet de l'intelligence. Mais la grande question est celle des fins : quelle est la finalité de tout ça ? Le rêve philosophique serait que les constructions les plus impressionnantes, celles qui ont exigé la plus grande intelligence, soient reliées aux plus grandes valeurs, qu'elles soient au service des problèmes humains les plus profonds.

 

Vous parlez de la « beauté horrifiante et inhumaine » des lieux de travail. Inhumaine parce que les fins de nos activités ont disparu ?

 

Les fins, mais aussi les moyens. Aujourd'hui, l'efficience nous gouverne. Prenez le central téléphonique d'une grande banque : les gens sont alignés dans d'énormes halls, cela peut paraître beau et ordonné du dehors. En réalité, ces téléphonistes ont cinq minutes pour répondre à chaque client, tout doit être exécuté très précisément… On sait tous, pour avoir observé les enfants, que les hommes aiment toucher à tout, multiplier les activités. Comme le disait Marx : aller pêcher le matin, faire de la politique l'après-midi et de la philosophie le soir. Le monde moderne nie cette potentialité, il nous force à être des spécialistes.

 

La spécialisation fonde la compétitivité d'une économie et rend les individus étrangers les uns aux autres. Est-ce la malédiction du travail moderne ?

 

Je n'oublie pas l'argument d'Adam Smith : un pays qui ne spécialise pas sa production ne peut nourrir sa population pauvre. Ennuyeuse, répétitive, aliénante, la spécialisation augmente la productivité et évite la famine à 10 % de la population la plus pauvre. Le gain de production crée un excédent qui peut être redistribué vers les plus vulnérables. N'est-il pas possible d'obtenir ce même excédent avec un travail plus satisfaisant ? Mais créer un mode de production plus acceptable en termes individuels a un coût. Et votre prix ne sera pas plus compétitif. C'est le débat entre Rousseau et Smith. Pour Rousseau, il fallait fermer la porte des États pour ne pas entrer dans cette logique de compétition, de concurrence généralisée. Aujourd'hui, c'est impossible, la porte est déjà ouverte. Personne ne peut changer les règles tout seul, c'est le système qui doit l'être.

 

D'après votre enquête, ce dont souffrent aujourd'hui beaucoup de personnes, c'est d'être séparées du produit de leurs efforts, mais aussi des hommes qui participent à la même activité…

 

C'est ce que, dans un contexte différent, le jeune Marx appelait l'aliénation. Dans l'usine d'un géant alimentaire en Belgique, j'ai rencontré un responsable qui a inventé un nouveau biscuit. Il n'a, en réalité, jamais mis la main à la pâte, et serait bien incapable de le faire. Sa compétence est d'avoir coordonné le programme de recherche et mis au point le biscuit avec un budget de 3,5 millions d'euros… Au cours de mon enquête, j'ai posé la question : quelle serait votre profession idéale, votre travail rêvé ? Tous ont donné des réponses similaires : jardinier, artisan, propriétaire d'une échoppe, d'un petit hôtel ou d'un petit restaurant. Les gens rêvent de ce dont ils sont privés : quelque chose qui ne prenne pas des années à construire, un rapport de proximité avec ce que l'on produit, avec ses clients et ses collaborateurs. Le travail moderne opère dans de grandes entreprises. Aujourd'hui, 70 % de Britanniques travaillent dans des sociétés de plus de 150 personnes. On tient là un des éléments du problème. L'être humain a besoin d'une communauté moyenne, familiale. Quand une organisation dépasse 20 personnes, elle change de nature. Le service des ressources humaines prend le relais du lien humain…

 

Il semble ne plus y avoir d'issue collective aux problèmes du travail. La question est-elle encore politique ?

 

Il n'y a plus de place pour la colère collective. Mais avant d'être politique, c'est un problème intellectuel. Nous n'avons plus de théorie persuasive qui nous dise où nous allons collectivement. Nous n'avons plus de réponse collective qui puisse utiliser la colère à bon escient. Cela tient également au fait que nos ennemis ne sont plus des acteurs identifiables, mais des abstractions, comme l'euro ou le système financier. Au lieu d'avoir une révolte collective, on a des suicides. Un acte presque nihiliste. Une colère retournée contre soi.

 

Vous faites un beau portrait d'un conseiller d'orientation professionnelle. En quoi ce métier vous apparaît-il au coeur de nos difficultés ?

 

Étrangement, cette profession a toujours été marginalisée. L'État ne lui donne pas de moyens, l'école et les universités ne lui ouvrent pas leurs portes. D'un point de vue marxiste, certains diront qu'il est nécessaire qu'il en soit ainsi : si cette tâche était soutenue et reconnue, il y aurait trop de colère : cela rappellerait aux gens ce à quoi ils aspirent vraiment. Il y aurait une révolution : chacun découvrirait ce qu'il veut faire sans obtenir nécessairement le travail correspondant. Mieux vaut donc ne rien découvrir. Cela dit, c'est une approche individualiste, « a-politique » : elle personnalise les problèmes liés à l'organisation du travail en les psychologisant. Cela suggère que la seule raison pour laquelle vous n'avez pas le bon job, c'est parce que vous ne l'avez pas trouvé en vous, et non parce que la société ne vous a pas permis de le trouver.

 

Vous soulevez la question de la motivation, de l'idéal au nom duquel une entreprise peut exiger qu'on lui sacrifie une grande partie de sa vie. Cet idéal subsiste-t-il ?

 

Il y a une tension. L'idéal moderne, c'est que le travail n'est pas seulement un moyen de survivre. Il cristallise des espoirs de créativité, de réalisation de soi, d'épanouissement, à l'image de celui de l'artiste. Pour les classes moyennes et supérieures, votre vie est votre travail, vous travaillez parce que vous aimez votre travail, vos collègues sont des amis. Mais la majorité de la population n'adhère pas à cette représentation : pour elle, le travail est un labeur qui permet d'abord de survivre : on travaille pour gagner de l'argent, la vraie vie est ailleurs, pendant le temps libre, avec les amis, la famille. On retrouve ce hiatus dans le système éducatif. L'école met en avant le potentiel de l'enfant : il peut devenir ce qu'il veut, réaliser ses aspirations. Et puis, quand il sort, il se retrouve bien souvent confronté au monde de la survie. C'est le ressort d'une insatisfaction profonde.

 

La modernité a transformé le fardeau en vocation. Faudrait-il renoncer à cet idéal ?

 

La métaphore de la vocation et de la création de soi est très puissante : c'est l'idée qu'il y a quelque chose en vous à quoi vous voulez donner forme dans le monde. Créer un objet qui corresponde dans le monde du dehors avec quelque chose qui est à l'intérieur de vous. C'est le rêve du travail. L'accepter naïvement conduit à des problèmes. Il faut comprendre l'histoire du travail pour voir que nous nageons dans une mer avec différents courants. Le courant nietzschéen de la création de soi, mais aussi le courant ancien du travail comme esclavage. Dans nos vies, selon les périodes, nous faisons l'expérience de ces courants. Cela condamne à des sentiments mêlés de satisfaction, de honte et de persécution. Je crois qu'une certaine dose de réalisme ou de pessimisme sur les vertus du travail peut contribuer à nous rendre plus heureux.

 

N'y a-t-il pas une différence entre le rêve de l'accomplissement, trop rare pour être érigé en norme, et l'exigence que le travail fasse sens, qu'il soit fécond, et non pas aliénant ou oppressant ?

 

Cette distinction a une origine religieuse. Pour les catholiques, il n'existe qu'un seul travail : servir Dieu. Et le travailleur le plus éminent est le pape : il est au sommet de la pyramide. Pour les protestants, tout emploi permet de servir Dieu. Comme dit Luther, une femme de ménage, en balayant le sol, peut servir Dieu de la même manière qu'un prêtre. En termes séculiers, la vision catholique correspond à l'idée qu'il n'y a qu'une seule voie d'accomplissement, la même pour tous, avec l'artiste en haut de la pyramide. La vision protestante pose, au contraire, que tous les emplois ont en un sens des points de ressemblance. Bien travailler, prendre du plaisir dans son travail n'a pas toujours besoin d'être fait en référence à un but ultime grandiose. Vous n'avez pas besoin d'être dans l'atelier de Michel-Ange, il suffit d'être dans une usine. La vision pessimiste de gauche du travail suggère que, dans certaines conditions, le travail est nécessairement horrible : personne dans une usine ne peut aimer son travail. Pour moi, tous les boulots se ressemblent en ce qu'ils consistent à créer un ordre dans le réel : assembler des articles dans un magazine, des ingrédients pour la préparation d'un biscuit, des produits chimiques pour le décollage d'une fusée, etc. Nous exagérons l'idée que seuls certains métiers donnent des gratifications. Les voies pour exprimer ses talents sont multiples.

 

Votre livre s'ouvre sur l'activité débordante du port de Londres et se ferme sur un cimetière d'avions gros-porteurs en Californie, où vous vous livrez à une réflexion pascalienne sur la mort. Ultimement, le travail serait-il le meilleur moyen que nous ayons inventé pour fuir l'idée de la mort ?

Le point de vue philosophique traditionnel, celui de Pascal, est qu'on doit passer l'essentiel de son temps à méditer les questions essentielles, comme celle de la mort. Il ne faut pas se divertir, aller à la chasse ou, l'équivalent moderne, au bureau. Il faut rester chez soi pour s'ouvrir au vide de l'existence et aux mystères de l'Univers. Je me suis demandé : est-ce si vrai ? Si vous passez votre vie dans votre chambre à contempler l'Univers, vous risquez de sombrer dans le désespoir, surtout s'il n'y a pas de Dieu. Au lieu de le condamner, peut-être devrions-nous remercier le travail de nous maintenir occupés. Quand Montaigne s'est retiré de la vie mondaine, de ses fonctions de maire de Bordeaux, il est tombé dans une sorte de dépression. Il lui a fallu trouver une nouvelle occupation pour donner forme à ses jours : écrire. Je crois que c'est vrai pour nous tous. Bien sûr, nous sommes parfois ridicules au travail, courant dans tous les sens, nous prenant très au sérieux. Cependant, se moquer de cela, c'est ne pas voir que nous avons besoin de projets quotidiens, même si ceux-ci ne changeront pas la face du monde. Ils donnent un sens à nos vies. Le travail est essentiel pour nous donner un but, même s'il n'est pas une fin ultime, il nous occupe. Il nous préserve de la peur de la mort. Et avec lui, le jour a une forme.

 

* Splendeurs et misères du travail est paru chez Mercure de France, comme Comment Proust peut changer votre vie, mais aussi Les Consolations de la philosophie ou L'Art du voyage. Alain de Botton a également publié Petite Philosophie de l'amour (Pocket). 

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sam

29

mai

2010

(...)

J'ignore quand nous partirons d'ici, quelle histoire on va nous écrire. Ce doute, c'est l'angoisse. Chaque jour, on tâtonne, on s'inquiète, on se cherche, on devine les autres et la vie. On réclame des certitudes, des moyens de de rassurer, mais surtout, surtout, des personnes fiables pour nous accompagner un bout de chemin. Et parfois, parfois seulement, il arrive que cette attente soit récompensée : on trouve alors des gens absolument normaux avec qui, comme par miracle, tout devient différent."

Une saison parfaite pour changer

Aurélien Loncke. (Médium).

 

Merci Marie Claire pour ce temps suspendu. 

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mer

26

mai

2010

Le paradoxe de l'amour

De riches points de vue  :

Bruckner, Parisis, Adler et Foenkinos

 

La grande librairie.

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mer

19

mai

2010

Les murs du labyrinthe

...

"le sort commun des malheureux est de ne pas vouloir croire à ce qui leur est favorable."

Sénèque

...

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mer

12

mai

2010

De l'autre côté du miroir

"Voudriez vous, je vous prie, me dire quel chemin je dois prendre pour m'en aller d'ici ?

- Cela dépend en grande partie du lieu où vous voulez vous rendre, répondit le chat.

- Je ne me soucie pas trop du lieu..., dit Alice

- En ce cas, peu importe quel chemin vous prendrez, dit le chat

-...Pourvu que j'arrive quelque part, ajouta, en manière d'explication, Alice.

- Oh ! dit le chat, vous pouvez être sûr d'y arriver, pourvu seulement que vous marchiez assez longtemps."

Alice dut admettre que c'était là une évidence incontestable."

 

(...)

 

"On ne peut pas croire des choses impossibles, dit Alice.

- Je suppose que tu manques d'entraînement, dit la Reine ; il m'est arrivé quelquefois de croire jusqu'à six choses impossibles avant le petit déjeuner.".

 

Lewis Carroll

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dim

09

mai

2010

Rédemption

(...)

Et qu'au lieu de dire : "cela fut",

on dise : "C'est ce que j'ai voulu" :

 

voilà ce que j'appellerais la rédemption.

 

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jeu

06

mai

2010

Les niveaux hiérarchiques

(...)

"Chaque fois que j'ai fait confiance à un sentiment interne et non intellectuel, j'ai découvert la sagesse de mon action.

A mesure que je fais de plus en plus profondément confiance à mes réactions totales, je m'aperçois que je puis les prendre pour guides de ma pensée. J'ai APPRIS A RESPECTER davantage ces idées vagues qui m'apparaissent parfois, et que je SENS être sigbifiantes. Je suis enclin à penser que ces idées un peu obscures, ces intuitions, vont me faire pénétrer dans des domaines importants.

C'est dire que je fais confiance à la totalité de mon expérience à laquelle j'ai fini par attribuer plus de sagesse qu'à mon intellectuel.

Sans doute n'est elle pas infaillible, mais je la soupçonne de l'être plus que mon esprit conscient.

 

"Dans mes humbles efforts de création, je dépends beaucoup plus de ce que je ne sais pas encore, et de ce que je n'ai pas encore fait".

 

L'EXPERIENCE est, à mes yeux, l'AUTORITE SUPREME.

Ma propre expérience est la pierre de touche de toute validité. Aucune idée, qu'il s'agisse de celles d'un autre ou les miennes propres, n'a le même caractère d'autorité que mon expérience.

 

Cette expérience est d'autant plus DIGNE DE CONFIANCE qu'elle devient plus primaire (pour employer un terme de sémantique).

 

C'est donc à ce niveau le plus bas que la hiérarchie de l'expérience présente le plus grand caractère d'autorité."

 

Carl Rogers. Le développement de la personne.

 

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mar

04

mai

2010

Il faut d'abord...

(...)

On ne peut traduire en concepts ce qui élève parfois une pensée d'un degré au dessus des concepts (...) il faut d'abord apprendre à vivre et ensuite, peut être, on apprend à penser".

 

Robert Musil.

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ven

30

avr

2010

Il demeure toujours...

...

il demeure toujours une incertitude résiduelle qui semble liée à la condition humaine elle même.

 

Jamais nous ne sommes absolument certains que nous sommes dans le vrai ou le bien, mais nous pouvons nous assurer pas à pas que nous éloignons de l'erreur et du mal.

 

Loin d'être une doctrine rigide, l'éthique est une manière d'assumer positivement l'incertitude inhérente à notre condition humaine, un art de chercher. "dans la crainte et le tremblement" (Kierkegaard), chercher une position plus juste à l'égard du certain et de l'incertain".

 

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lun

26

avr

2010

Le secret du bonheur amoureux : la maison des petits bonheurs

 

La recherche du partenaire idéal.

Propos recueillis auprés de Jean Claude Kauffman, sociologue.


 

En quoi la quête d'amour a-t-elle évolué au fil des siècles ?
On est passé d'un sentiment très dur à un besoin de douceur. Autrefois, le romantisme prônait le culte du chagrin d'amour, l'amour courtois valorisait des passions destructrices et impossibles. Aujourd'hui, face à une société de plus en plus hostile, froide et déstabilisante pour l'individu, on rêve d'un amour tendre et caressant.

Puisque la quête d'amour est de plus en plus prégnante, va-t-on alors voir diminuer le nombre de célibataires ?
Pas forcément. Car si le rêve d'amour s'intensifie, si la notion de couple se renforce, sa mise en application dans la réalité se révèle de plus en plus compliquée.

Pourquoi ?
Avec l'apparition d'Internet, des chats, forums, blogs et autres réseaux sociaux, s'est développée une logique de consommation : on veut trouver le meilleur "produit" possible. Si autrefois, une jeune femme dans un village avait simplement le choix entre Jules et André, aujourd'hui, l'offre se veut très large. On vit dans un hypermarché de l'amour qui implique que l'on définisse ses attentes, qu'on trie, qu'on évalue... Le problème, c'est qu'à force de comparer les partenaires de façon rationnelle, on rend toute forme d'engagement impossible, car on se dit qu'on peut toujours trouver mieux ailleurs.

 

(...)

 

Recette du bonheur amoureux


Le titre de votre livre est très prometteur. Alors, au terme de vos recherches, avez-vous trouvé la clef du bonheur amoureux ?


Malheureusement, je ne veux pas tromper mon monde, car il n'existe pas de recette toute faite. Tout ce que je peux dire, c'est que la logique de l'amour, c'est le don de soi. Pour être heureux, il faut savoir cultiver le beau et le positif en toute chose : apprécier ce qu'on a et savoir s'abandonner. Une attitude en totale contradiction avec le modèle actuel qui  pousse à la performance : on veut ce qu'il y a de mieux pour soi, on formule des attentes et l'on renonce si le conjoint ne se montre pas à la hauteur de nos exigences. 

Il faudrait donc être moins difficile, apprendre à se contenter de ce qu'on a ?


Pas complètement. En fait, toute la difficulté réside dans l'art du dosage : savoir s'abandonner tout en gardant une vision critique pour ne pas s'enfermer dans une relation frustrante et insatisfaisante.

 

Dans votre livre, vous opposez l'amour universel et la passion... 


En effet, on a d'un côté ce que j'appelle "la maison des petits bonheurs", à savoir une attitude systématique de don de soi qui consiste à construire un monde de douceur ; de l'autre, la passion qui nous arrache à la vie ordinaire pour nous faire vibrer et nous emmener vers l'inconnu.

Le couple doit donc forcément faire un choix entre la tendresse et la passion ?


Pas nécessairement. Il s'agit d'un art difficile, mais on peut combiner ces deux formes d'amour dans le couple en créant de petites ruptures avec la réalité. C'est le cas des vacances en amoureux par exemple, qui apportent des sensations plus intenses en rompant avec le quotidien.

 

 

La routine, ennemi de l'amour ?


La plupart des couples redoutent de sombrer dans la routine. Est-ce vraiment l'ennemi à abattre ?


Non ! La routine est totalement indispensable, car elle simplifie la vie. C'est un système, un ensemble d'habitudes qu'on met en place au début d'une relation et qui fait que cela roule tout seul. La routine, c'est reposant mentalement pour le couple.  Le problème, c'est quand il n'y a plus rien d'autre, quand on a l'impression de ne plus exister, de n'être qu'un rouage de la machinerie quotidienne. Il n'y a alors plus de place pour l'aspect vivant du couple : la communication, la complicité, les surprises...

Alors comment éviter cet écueil ?
En trouvant le juste équilibre entre la routine, qui permet de se ressourcer, et l'innovation : romantisme, création d'événements, de moments d'intensité et de complicité. Car il faut bien se rendre à l'évidence : dans une société où le couple répond à un besoin de confort et de réconfort, on ne peut pas innover en permanence. Il faut aussi pouvoir se laisser aller au sein de son cocon.

 

(...)

 

"L'étrange histoire de l'amour heureux", Jean Claude Kauffman.

Editions Armand Colin

 

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mar

13

avr

2010

Vers une écologie de l'esprit

...

"Nous devons réfréner notre désir de contrôler ce monde que nous comprenons si mal. Ne laissons pas le sentiment de l'imperfection de notre savoir alimenter notre angoisse et, par conséquent, notre besoin de contrôle.

Que nos recherches soient plutôt inspirées par un motif ancien et, hélas aujourd'hui délaissé : la simple curiosité envers ce monde dont nous faisons partie. La récompense d'une telle attitude n'est pas lepouvoir, mais la beauté".

 

G.Bateson, Vers un écologie de l'esprit.

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dim

11

avr

2010

(...)

(...)

"Les boas qui ont avalé des éléphants

ne sont pas des chapeaux

et il faut que les adultes le sachent"

 

Saint Exupéry, Le Petit Prince

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jeu

08

avr

2010

Au secours, on veut m'aider

Chacun l’a compris, à l’adolescence, la transformation physique met à l’épreuve le corps du jeune qui, à son tour, met à l’épreuve à la fois son corps et le corps social. Mais ce moment crucial de la vie est aussi l’occasion de réaménagements psychiques qui nécessitent de la part des adultes des attitudes adaptées, au risque de voir l’adolescent être lui-même troublé du trouble qu’il suscite.

 

Les parents ou les d’éducateurs qui choisissent la voie de la séduction et essaient de passer pour la bonne mère afin d’éviter le conflit ou d’apaiser leurs angoisses face à leurs responsabilités, cultivent un terrain fertile pour la manipulation, l’agressivité ou le rejet. Tout au contraire, doivent-ils beaucoup payer de leur personne en se montrant capables de combler, mais aussi de frustrer, d’être à la fois fermes, exigeants et cohérents.

 

C’est encore plus vrai pour ces adolescents, anthropophages d’un amour qu’ils n’arrivent pas à digérer, quand notamment toutes les tentatives d’attachement se sont soldées par des échecs.

 

Face à ces jeunes qui ne réussissent pas à distinguer clairement les sources de leur mal de vivre et qui font payer à autrui toute la souffrance qu’ils traînent depuis tant d’années, les adultes doivent montrer que l’adolescent est suffisamment digne d’amour et de sollicitude pour qu’ils ne le réduisent pas à l’image négative dans laquelle il se complaît : « Seuls les jeunes qui ont noué une relation forte avec un adulte significatif et solide peuvent prendre le risque du changement » (p.68).

 

Cette relation thérapeutique n’est pas à sens unique, loin de là. Se donner ainsi à des ados qui ne semblent rien avoir à faire de ce qu’on leur apporte n’est pas du masochisme, mais une identification à des êtres capables de faire ce qu’on n’a soi-même jamais réussi à accomplir jusqu’au bout : s’opposer radicalement et hurler sa colère ! Nombreuses sont toutefois les formes réactives de l’adulte placé face à une telle confrontation. Blindage, tentative de connivence avec le jeune, surinvestissement ou psychologisation permettant de rationaliser… 


Ce que nous propose Claude Seron, c’est justement au travers de son parcours de vie professionnel (qui l’a fait passer du rôle d’éducateur de groupe de vie à psychologue de l’association Parole d’enfants), le regard qu’il porte sur l’adolescence en difficulté et l’action psychosociale pour lui venir en aide.

 

Que ce soit face à des nourrissons géants maltraitant leurs parents ou face à des enfants adultisés pour prendre en charge leurs parents défaillants, que ce soit face à la maltraitance ou face à l’inceste dont sont victimes des adolescent(e)s, l’auteur rétablit la complexité des situations en se posant les questions éthique liées au positionnement du professionnel dans cette relation.

 

(...)

 

 

Michel Fize l’affirme : il y a un vrai problème chez les adultes qui entretiennent la confusion entre les dimensions ordinaire et pathologique d’une adolescence qui n’a rien à voir avec ce continent noir qu’on prétend.

 

Les jeunes ont plus d’assurance qu’on ne croit et plus de confiance en eux qu’on ne le pense. Jean-Yves Hayez, pédopsychiatre à Louvain, le confirme en évoquant l’inquiétude récurrente, à toutes les époques, des générations matures face à la cohorte joyeuse de jeunes transformés en horde de diables menaçants.

 

Patrice Huerre, psychiatre, va dans le même sens en soulignant le paradoxe d’une société qui affiche sa peur pour sa jeunesse, tout en s’inscrivant dans un fonctionnement typiquement adolescent : priorité de l’avoir sur l’être (croissance sans limites de la société de consommation) ou recherche de réponses immédiates (tout, tout de suite), au besoin grâce à des crédits ruineux. Est-ce à dire que la souffrance serait absente des jeunes générations et que l’inquiétude des adultes serait avant tout fantasmatique ? Certes non, mais là aussi, s’il faut tout mettre en œuvre pour réduire les sources des dysfonctionnements qui les écorchent et rendre leur vie sociale la plus attractive et la plus utile possible, il faut tout autant éviter les attitudes contre-productives.

 

Yves Stevens, psychologue, préconisera un certain nombre de comportements susceptibles d’éviter cet épuisement que l’on rencontre si souvent chez les adultes. Au premier rang de ces propositions, la reconnaissance de la compétence du jeune à élaborer les solutions qui lui permettront de s’en sortir. Cela implique pour le professionnel de passer d’une position haute « Je suis celui qui va te sauver » à une position basse « j’ai besoin que tu mettes en œuvre tes capacités pour qu’on avance ensemble ». Seconde attitude : identifier au préalable la situation d’injustice qui est à l’origine de ses comportements destructeurs (qu’ils soient auto ou hétéro agressifs).

 

Ce n’est qu’en reconnaissant d’abord ce qu’a subi le jeune que l’on pourra ensuite être légitime dans la critique de ce que lui, a commis.

 

Enfin, diverses qualités apparaissent comme autant de prérequis dans la prise en charge des adolescents en grande difficulté : la patience, la ténacité, l’obstination… Le jeune ne doit pas trouver, chez un professionnel hésitant et distant, cette même indifférence qu’il a appris lui-même à cultiver afin d’édifier ce blindage indispensable pour supporter les souffrances subies.

 

Au secours on veut m'aider. Ouvrage pour les professionnels de santé.

tome 1 et 2.

 

Sous la direction de Claude Seron - éd. Fabert, 2006 

 


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mer

07

avr

2010

Que suis en droit d'espérer ? Ressort pour la motivation. Attentes et projets.

Chaque individu est libre de faire ce qu’il veut.

Ce qui fait chaque individu, chacun l’invente.

Il faut encourager les autres à vivre leur liberté et à se réaliser comme homme. Ce qui importe, c’est la notion de projet, cette idée que l’homme a de lui même : « l’homme n’est rien d’autre que son projet, il n’existe que dans la mesure où il se réalise, il n’est donc rien d’autre que l’ensemble de ses actes, rien d’autre que sa vie ». La volonté n’est qu’une conséquence d’un tel projet TOUJOURS PREMIER : l’homme commence par se projeter avant d’atteler sa volonté à son projet.

L’élément crucial qui se cache derrière la plupart des situations de bonheur est le jeu de l’attente et de l’accomplissement.

Mais personne ne peut vivre en harmonie absolue et constante avec soi même. Se fondre constamment dans son action du moment, tout dissoudre autour de soi, y compris le temps, ne s’attarder que sur le ici et maintenant, autant de belles pensées héritées de la sagesse d’extrême Orient.

Mais d’un point de vue psychologique, c’est une situation intenable. Les moments de grand bonheur sont des ILES DE LA FELICITE dans l’océan de notre vie. De tels états ne sont pas le fruit de recettes pour une vie réussie mais sont le fruit d’attentes et de projets réalistes. Quand les états de bonheur et de malheur sont essentiellement « home made », ils sont largement une question de relation à soi même, c’est à dire à ces propres projets de vie et attentes.

« Etre en harmonie avec soi même, c’est être en harmonie avec ses propres attentes ». Ludwig Marcuse.

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ven

02

avr

2010

Le remède à la tristesse

(...)

: l'esprit d'enfance

(...)

une autre façon de le dire :

 

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jeu

01

avr

2010

De quoi vivre : se remettre en scène ?

(...)

ce témoignage entendu ce matin :

 

"un sage a dit : le désir de confort détruit la passion de l'âme.

Donc, je ne désire rien.

Ne rien posséder vous apprend la valeur des choses en vous apprenant la valeur de rien.

Je suis comme les oiseaux sur l'arbre.

Je me réveille le matin et je chante sans me soucier si quelqu'un écoute ou non.

Il FAUT VIVRE SANS ATTENTE, SANS EXPECTATION, SANS EXCEPTION, il faut vivre.

 

Melody Gardot.


Son nom sonne français, mais elle est née dans le New Jersey, d'un couple polono-franco-gitan. Melody Gardot, 24 ans, a grandi à Philadelphie.

Ce prénom, sa mère l'a choisi parce qu'elle répondait dans son ventre à la musique. Mais, si elle n'avait eu un grave accident de vélo, à 19 ans, elle serait peintre ou écrivain.

Un médecin lui conseilla la musicothérapie, puisqu'elle avait appris le piano et qu'elle chantait aux oiseaux.

Melody Gardot aime les jardins, les villes avec de grands parcs et se verrait vivre à Hawaii, à s'occuper des fleurs et du gazon.

Ou à Paris. Elle est, comme dans la chanson de Leonard Cohen Bird on wire, un oiseau sur le fil.

Elle n'a pas d'adresse fixe, vit à l'hôtel et dit aux hommes : « Ne tombez pas amoureux de moi, il faudra toujours me partager avec le monde. » 

Elle cache ses yeux sensibles derrière des verres teintés qui lui donnent un mystère hollywoodien. Son premier disque,Worrisome Heart, il a fallu la forcer à l'enregistrer : elle ne se sentait pas prête. Un producteur ami lui a suggéré des chansons. Succès inattendu mais mérité.

Le second album, My one and only thrill, est encore plus réussi : les cordes arrangées par le maître Vince Mendoza lui font un écrin de luxe, et elle chante comme un soupir d'aise.

Dans un restaurant de Saint-Germain-des-Prés, elle dessine un poisson rêveur dans le livre d'or

 


Melody se déplace avec une canne, ayant parfois des problèmes d'équilibre. « C'est comme d'être perdue dans une forêt. Plutôt angoissant. Mais ça passe. » 

 

En peinture, elle aime Daumier, les expressionnistes allemands, Van Gogh. En littérature, Hemingway par-dessus tout, et aussi Neruda. « Il sait parler du corps d'une femme. » 

Sa curiosité semble sans limites. Le film Atonement (Reviens-moi), avec Keira Knightley, lui paraît un modèle de ces fresques romantiques à la Hollywood.

 

« Caetano Veloso, s'il était plus jeune ou moi plus âgée, j'irais au Brésil le capturer. Comme il est plus vieux, je pourrais l'attraper avec ma canne. On ne fait pas plus beau ni plus séduisant », confie-t-elle. Elle se demande comment elle sera à 75 ans. La perspective lui sourit. Pourvu qu'il y ait des fleurs et de la lumière.

 

La scène est manifestement son élément naturel. A l'Union Chapel de Londres, elle alterne les titres de ses deux albums, avec huit cordes qu'elle paie sur son propre cachet, parce qu'elle y tient. A raison. Sa voix est ferme dans la douceur et ne perd rien de son joli timbre quand elle la pousse un peu. 

 

(...)

 

Ses musiciens sont les mêmes qu’à Paris, Melody est une fidèle, son groupe a de la chaleur : un trompettiste et un sax, jouant en section des riffs de confort, peu de solos, un contrebassiste à longue barbe, un batteur attentif, un vibraphoniste britannique, discret.

Elle alterne à la guitare et au piano, un ballon de cognac à côté d’elle sur la scène où elle se déplace avec grâce à l’aide d’une canne. Elle est ravissante, ça on le sait, mais là on a la confirmation qu’elle est une formidable chanteuse et que la scène est vraiment son affaire à elle : elle installe une atmosphère intime, sensuelle, amicale, infiniment confortable, comme si nous étions chacun personnellement son invité et qu’elle voulait nous faire le cadeau de sa tendresse drôle.

 

Sa spécialité, comme une signature calligraphiée, est son scat en écholalies et roulades joyeuses, un truc à mettre le public dans sa poche. 

La chanson qu’elle enchaîne après celle en solo est  Who will comfort me ?

 

Chaque mâle dans la salle, mais probablement aussi chaque personne du sexe opposé, pense que si Dieu y manque, il ou elle y veillera.

 

Suit une chanson nouvelle (déjà un troisième album à venir ?), qui enveloppe comme un soir d’été. Puis quelque chose de plus allant où elle dit avec des gestes amusants que les garçons ne comprennent rien. Elle chante ensuite très lentement Our Love is easy, en confidence affectueuse à l’homme qu’elle veut aimer et qu’elle charme encore dans une longue coda. . 

Elle a demandé qu’il applaudisse avec les doigts : 1 500 personnes qui claquent doucement du pouce et de l’index, cela produit un bruit cascadant, délicieux ; elle demanderait au public de se mettre debout sur la tête, il le ferait, en adoration.

 

elle réussit l’alliance improbable de la sentimentalité, de la sensualité et de la drôlerie. Les Etoiles, bien sûr, elle le chante aussi, et sa chanson sur les oiseaux, et cette autre sur la pluie, qui émeut. Elle a l’art de parler au public, improvisant avec humour, légère distance, sincérité, charme.

 

 

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lun

29

mar

2010

Changement de position

Nous sommes malades d’une pensée qui tourne en rond sur elle-même, nous sommes malades du souci de comprendre, alors qu’il s’agit de faire.

 

Nous voulons comprendre avant d’expérimenter, alors que, dans les choses qui relèvent de l’humain, c’est le contraire qui est vrai.

Il faut d’abord faire l’expérience pour tenter après coup de comprendre.

 

Il existe une intelligence qui est à l’œuvre dans l’action elle-même si nous prenons la peine d’y entrer, c’est à dire d’abandonner notre savoir préalable pour nous laisser sentir les tenants et les aboutissants d’une situation.

 

C’est l’environnement dans lequel nous sommes que nous allons laisser venir à nous et c’est lui qui va nous permettre de nous situer convenablement.

 L’homme est devenu un porteur de prothèses. Il y a quelques décennies, on se demandait comment faire pour créer des robots qui ressemblent à des humains. La question d’aujourd’hui est comment faire pour que l’homme devienne pleinement un robot.

 

Il sera de plus en plus nécessaire de réapprendre à sentir, pas seulement de jouer à l’homme des bois, mais de retrouver, dans les relations humaines, la valeur des perceptions qui naissent de la proximité des corps.

 

Depuis que je pratique ce métier, je n’ai jamais cessé de me demander ce que pouvait bien être le moteur du changement.

 

J’ai mis du temps à comprendre que ce ne pouvait pas être, comme on le disait couramment, un effet de la prise de conscience, que la compréhension aussi fine qu’elle puisse être ne servait à rien.

 

La réponse est qu’il n’y a pas de changement si le patient ne modifie pas sa position, s’il n’agit pas de tout son être pour se situer autrement.

 

Cela suppose que le thérapeute ne cherche pas à faire entrer le patient dans quelque modèle théorique, mais qu’il s’adapte à sa situation présente et qu’il invente pour chacun une procédure qui lui permettrait d’avancer. 

 

François ROUSTANG. Mars 2010

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jeu

25

mar

2010

Réussite scolaire. Le rôle des parents.

Et si nos peurs, nos projections et nos attentes de parents pesaient trop lourd sur les épaules de nos enfants ?

 

Inquiets des difficultés scolaires rencontrées par nos enfants, nous exerçons une telle pression, que sans le vouloir, nous les insécurisons.

 

L’enfant ne vit plus son parent comme un allié et un soutien mais quelqu’un qu’il doit satisfaire et rassurer. Ce besoin de rassurance du parent étant impossible à « rassasier », l’enfant se décourage et désinvestit progressivement l’école.

 

Si le monde du travail est présenté comme hostile, si les autres sont présentés comme des concurrents (compétition), l’enfant ne se sent pas en sécurité et peut parfois, ne se sentant pas à la hauteur de ce qui est exigé de lui, renoncer.

 

Il est nécessaire de distinguer exigence et pression.

 

« La bonne exigence est celle qui soutient l’enfant, prend en compte ses points forts et ses points faibles, et les guide à aller de l’avant. Dans cette relation, le parent est un partenaire. A l’inverse, la pression est faite de harcèlement, d’intrusion, de menace, de chantage, de culpabilisation, elle est tendue vers un seul résultat et nie l’enfant pour ne s’adresser qu’à l’élève »*

 

Pour les parents, il s’agit ainsi d’ACCOMPAGNER son enfant sur le chemin de l’apprentissage.

 

Le risque pour l’enfant est que la pression qui s’exerce ne vise que les résultats et la quantité de travail fourni.

Au lieu de le stimuler, sa curiosité s’éteint et il se démotive.

 

Les parents d’aujourd’hui sont persuadés qu’ils sont responsables du devenir de leur enfant. Pris dans cette conviction, ils emprisonnent leur enfant dans leurs projections : ce que j’aimerai qu’il soit.

 

Il est nécessaire de ne pas confondre nécessaire et saine exigence et pression.

 

L’exigence est le fruit de la distinction que le parent peut faire entre l’intêrét objectif de l’enfant (quels sont ses besoins ?) et ce qu’il projette de ses propres inquiétudes.

 

Le « bon »positionnement du parent est à trouver du côté de la VIGILANCE BIENVEILLANTE.

 

Ce qui est mis en place satisfait l’enfant : le rythme de travail adapté, la compréhension positive de ses difficultés.

 

Davantage de soutien positif et de valorisation des points forts ; moins de reproches et de fixations sur ses erreurs et difficultés.

 

Les parents peuvent alléger sans renoncer aux exigences, le stress de leur enfant et accroître leur motivation et leur épanouissement.

Les parents ont à adopter des attitudes au plus proche de la réalité de leur enfant. Si la barre est trop haute, l’enfant n’ose pas la franchir. Il doute, il a peur, il se « bloque ».

Il appartient aux parents de filtrer leur propre stress, de ne pas dramatiser chaque événement de la vie scolaire.

 

Fournir un climat émotionnel apaisé autour de l’enfant est une priorité pour permettre la réussite.

 

« Quand son enfant tombe en vélo, aucun parent ne se met en colère. Au contraire, il court à côté de lui et le relève, jusqu’à ce qu’il roule bien tout seul. Pourquoi ne pas agir ainsi avec les apprentissages scolaires ? Certains enfants apprennent vite, d’autres ont besoin de plus de temps, sont lents, dispersés…TOUS ont besoin d’une attention SOUTENANTE mais pas trop envahissante.

 

Il s’agit de leur permettre d’être ACTEUR de leur scolarité.

 

Offrir une présence chaleureuse apporte et renforce le sentiment de sécurité intérieure. Réaliser des choses en famille sans enjeu, cuisiner ensemble, se promener, faire des jeux, regarder un film ensemble, autant d’apprentissages invisibles mais FONDAMENTAUX.

 

Essayer de comprendre positivement avec les enseignants, à l’aide d’un psychologue, ce qui pose problème peut permettre de prendre du recul. Rechercher des solutions pratiques avec l’enfant pour que ses apprentissages se déroulent plus facilement.

 

Changer de posture avec son enfant, c’est lui permettre de gagner en assurance. Persuadé de sa valeur, de ses capacités, il va affronter avec plus de présence pleine les apprentissages.

 

L’enfant en difficulté a besoin d’être sécurisé (soutenu positivement et sans dramatisation), valorisé (mettre l’accent sur ce qui fonctionne), stimulé (le travail procure du plaisir et s’intègre au quotidien de l’enfant).

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mar

23

mar

2010

"Je ne sais pas prendre de décisions"

(...)

Les patients expriment souvent leur mal être sous une forme qui ne comporte pas de solution et c'est la raison pour laquelle ils sont en difficulté en tournant en rond.

Ainsi à l'affirmation : "je ne sais pas prendre de décisions" qui conduit nécessairement à une impasse...

ce qui est proposé prend la forme de :

"en fait, vous avez peur du changement". 

...

C'est ici que s'ouvrent les possibles et l'ouverture possible vers le changement.

...

 

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ven

19

mar

2010

Syndrome d'Asperger et vie émotionnelle

(...)

Je ne reprends pas dans ce journal, directement les situations rencontrées...

ce sont les éléments qui gravitent autour qu'il m'est plaisant et adapté de partager...

 

Pourtant...

 

En ce qui concerne les troubles autistiques et apparenté, je me dois d'éclairer fondamentalement et directement la question.

Ainsi...

 

Parmi les patients que j'accompagne, trois d'entre eux souffrent d'une forme très particulière d'autisme : le syndrome d'Asperger.

 

Ce syndrome qui vient altérer de façon trés profonde les capacités émotionnelles et relationnelles  a eu du mal à être reconnu, et ne l'est pas encore totalement.

Il peut être ignoré par les professionnels, parfois soucieux de l'annonce du diagnostic et du retentissement qu'il engendre, parfois empêtrés dans des orientations théoriques personnelles ; le syndrome d'Asperger n'existe pas en tant qu'entité distincte dans les précédentes versions de la CFTMEA et n'y a été individualisé que dans la dernière version (année 2000).

Notons que les termes dysharmonie de développement, dysharmonie d'évolution, dysharmonie psychotique, Trouble Complexe et Multiple du Développement (MCDD Multiple-complex Developpemental Disorder) sont souvent utilisés en France pour décrire les troubles autistiques et conditionnent la mise en œuvre de mesures thérapeutiques et éducatives parfois inadaptées. 

 

Les tergiversations diagnostiques observées en France sont dues en partie à une approche des praticiens français différente de celle énoncée par l'OMS : l'approche française remet partiellement en cause l'existence de ce syndrome, du moins en tant qu'entité distincte de l'autisme16. L'approche française se défait néanmoins progressivement d'une imprégnation psychanalytique qui a contribué et contribue à l'histoire et la recherche de la psychiatrie française.

Pourtant l'avis N° 102 du Comité national d'éthique du 6 décembre 2007 a officiellement reconnu les chiffres de 350 000 à 600 000 autistes en France, soit entre 0,6 % et 1 % de la population, ainsi que les multiples difficultés et déficiences du système français de prise en charge.

 

Pour découvrir ce syndrome, le rédacteur de Wikipédia a fait une synthèse étonnante et très évocatrice des difficultés que rencontrent ces personnes.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d'Asperger

 

J'aime à écouter ce jeune adulte qui parle de son trouble. C'est toujours les patients eux même qui parlent le mieux de ce qui se passe quand...

 

 

 

 

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ven

19

mar

2010

"La solution d'un problème humainne ne s'effectue jamais par une réponse à la question pourquoi.

(...)

« La solution d’un problème humain ne s’effectue jamais par une réponse à la question pourquoi. Elle exige de faire CESSER la réflexion sous peine de s’y empêtrer.

Car une telle solution n’est pas de l’ordre de la pensée réflexive ; elle est de l’ordre de l’action.

Cela ne vaut pas d’ailleurs uniquement et d’abord pour le temps de la thérapie.

 

Apprendre, guérir, changer, cela est un exercice du regard et de la main. Un logicien initie sa petite fille au nouage de lacets : il énonce des explications subtiles et précises pour susciter le geste adéquet. Mais à la fin, il est contraint de dire : Fais le.

 

Learning ne va jamais sans Training.

 

Dans De la certitude, Wittgenstein écrit : « La justification, cel existe certes, mais la justification a un terme. » (…) « Ce que nous disons reçoit son sens du reste de nos actions »

 

Pour résoudre un problème au cours de la thérapie, « on a jamais vu que le changement puisse s’opérer autrement que par le changement, et tout changement est un changement dans l’action ».

 

Les problèmes rencontrés par les patients sont toujours des problèmes d’existence ; ils concernent donc la manière dont ils se situent dans leur monde, soit qu’ils touchent leur corps soit que les fassent surgir les relations diverses dans lesquelles ils se trouvent insérés ; Il faut tôt ou tard, et plus tôt est le mieux, passer à l’action, c'est-à-dire effectuer le changement souhaité. »

 

D’après François Roustang.

Savoir attendre pour que la vie change.

 

 

(...)

 

Puisqu’il nous est demandé de justifier notre action de psychologue thérapeute :

 « c’est quoi votre école ? »…

j’éclaire réguliérement ici ce qui se joue dans ma pratique de psychologue dans le cadre des thérapies que je pratique, thérapies orientées vers le changement. Ecole Ericksonienne.

 

 

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jeu

18

mar

2010

L'intranquillité heureuse

(...)

toujours sur ce thème qui m'est central et qui prendra corps dans un livre à écrire un jour (si Christie accepte de s'y coller en co-writer), le thème composite de :

 

la force de la fragilité,

 

savoir attendre pour que les choses changent

 

les choses incurables en nous qui sont "nos guérissons"

 

(...)

 

les mots d'Eric Elmosnino dans un bel entretien avec Juliette Bénadent disent tant pour moi :

 

"Tout ce qui me rend intranquille est précieux.

La peur, c'est la lucidité. Je vais à sa rencontre pour accéder à l'extrême confiance en moi que j'ai, au fond"

 

(...)

 

"Chercher l'endroit de la liberté,

ne pas savoir ce qui va se passer.

Jouer n'est pas une affaire de plaisir, mais d'abandon. Il faut que l'animal sorte, que je cesse de penser, comme dans le sommeil ou l'amour".




 

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mer

17

mar

2010

"Si vous voulez voir, apprenez à agir"*



"Qui désire une chose doit commencer par lui donner de l'ampleur

 

Qui veut affaiblir doit d'abord renforcer

 

Qui désire reléguer une chose doit commencer par la mettre en valeur

 

Qui veut prélever doit d'abord apporter"

 

Lao Tseu

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lun

15

mar

2010

La honte est une arme de pression sociale, c'est une arme de conformité sociale

NP : Quels types de comportements peut générer la honte vis-à-vis d’autrui et vis-à-vis de soi ?

Boris Cyrulnik : C’est très facile de répondre à cette question : vous pensez au gibier. Il n’a qu’une idée en tête : se terrer. Les honteux disent j’aurais voulu rentrer sous terre. Ne pas exister sous le regard des autres parce que les autres ont un regard qui m’humilie. Tous les comportements s’enracinent la dessus : évitement du regard, effacement, le fait de ne pas s’imposer.

 

N.P : La honte peut-elle générer des comportements d’autodestruction ?

B.C : Je ne pense pas. Elle génère sûrement une souffrance, un malaise. Je crois que c’est une amertume mais je pense que la mélancolie provoque des comportements d’autodestruction. La culpabilité aussi. Pas la honte. La honte est une souffrance, un poison de l’âme.

 

N.P : Comment peut-on se débarrasser de ce sentiment de honte ?

B.C : Pour sortir de la honte, il y a une manière pathologique : c’est l’arrogance, c’est trop en faire, trop se compenser. Par exemple, ceux qui ont envie de leur corps deviennent très souvent culturistes comme M. muscle. Des gens qui ont honte de parler deviennent comédiens. Là, ils n’ont pas honte. Ils sont très sûrs d’eux. Des chanteurs même ou alors des mythomanes. Ils inventent une histoire magnifique pour compenser la honte. C’est un mécanisme de défense mais ce n’est sûrement pas le meilleur procédé. Le meilleur procédé consiste à agir sur la culture c’est-à-dire sur les récits culturels. En changeant de récits culturels, on voit que beaucoup de honteux peuvent passer de la honte à la fierté. Par exemple, on peut dire qu’avant les pauvres étaient honteux. Maintenant, on peut très bien dire je suis pauvre mais j’ai un travail, une famille, je suis fier(e) de ce que j’ai fait. Selon le récit culturel, on peut avoir honte d’être pauvres ou au contraire être fier(s) d’être pauvres et d’avoir fait des choses intéressantes.

 

N.P : La honte est un phénomène peu étudié. Pourquoi ?

B.C : Jusqu’à présent notre culture nous a fait croire que ce qui était important c’était la biologie, les sciences physiques, la chimie ou alors les sciences psychologiques : la psychanalyse, l’anthropologie. La honte est à cheval entre les deux. On peut très bien modifier le sentiment qu’on a de soi selon la manière dont on en parle. Si je raconte de moi des récits merveilleux, je vais me sentir bien, car vous allez me regarder avec estime. Au contraire si je raconte des souvenirs douloureux, je vais voir que je vous gêne et je vais dans ce cas là me sentir mal sous votre regard. C’est très interactif : ce n’est pas le sujet seul, c’est le sujet d’intersubjectivité.

 

N.P : Le sentiment de honte s’opère-t-il davantage dans notre société occidentale ?

B.C : Je pense qu’on a facilement ce sentiment dans les sociétés en construction. C’est-à-dire que là il faut être fort, il faut se soumettre à la loi du chef, la loi des pionniers pour gagner une guerre, un territoire. La moindre défaillance provoque un sentiment de honte. Je pense qu’au contraire dans nos sociétés occidentales, on devient plus tolérants, on s’habille comme on veut. On voit les jeunes se balader actuellement avec des vêtements colorés. Il y a deux générations, ils seraient morts de honte. Les garçons devaient avoir la chemise blanche et la cravate et les filles devaient avoir la jupe plissée et les socquettes blanches. Si on n’était pas habillés comme ça, on était honteux alors que maintenant les jeunes s’habillent comme ils veulent et font de plus en plus ce qu’ils veulent. Je pense au contraire que la démocratie et les sociétés occidentales atténuent ce sentiment de honte.

 

N.P : Pensez-vous que la honte est due au regard de l’autre ?

B.C : On ne peut être honteux que sous le regard de l’autre. L’autre peut être présent ou imaginé. Je peux avoir honte de moi, car j’ai vu qu’elle me regardait avec mépris. Elle n’est pas près de moi, elle est dans ma mémoire et je me rappelle qu’elle m’a regardé avec mépris. Elle a compris que j’étais minable. Donc, je me sens honteux sous son regard réel ou son regard dans ma mémoire. C’est le pouvoir que je donne au regard de l’autre : il y a des gens qui me méprisent, ça ne me touche pas. Alors qu’au contraire, si je souhaite leur estime et si je vois qu’ils me regardent avec dédain, je suis touché, j’ai honte. C’est le pouvoir que je donne aux personnes qui me rend honteux.

 

N.P : Comment serait le monde si la honte n’existait pas ?

B.C : La honte est une pression de conformité. C’est une arme de pression sociale très efficace. Si tu ne fais pas ce qui est moral de faire, tu auras honte de toi et tu porteras le déshonneur sur ta famille. C’est une pression conformiste très puissante. S’il n’y avait pas la honte, la société serait probablement désorganisée.

 

N.P : Une société sans honte serait une société sans jugement ?

B.C : Absolument. Seulement, on ne peut pas ne pas juger. Dès l’instant qu’on le voit, on le jauge d’abord et on le juge ensuite. Les sociétés sans jugement, sans honte seraient des sociétés sans regard. On peut penser qu’une société sans jugement serait une société narcissique où je me fous de ce que tu penses, une société perverse. Il y a des gens qui n’ont jamais honte, car ils se foutent de l’opinion des autres.

 

N.P : Pourquoi certains individus ont-ils plus honte que d’autres ?

B.C : Parce qu’ils sont complètement dans l’émotionnel. Il y a des gens très émotifs peut-être d’origine génétique, peut-être d’origine épigénétique. Ces gens là sont plus sensibles au regard des autres. Pour un rien ils ont honte alors que d’autres n’y accordent aucune importance. Il y a tout un cheminement entre celui qui meurt de honte pour un simple regard et celui qui se fout du regard des autres. Il y a toute une gradation pour chacun d’entre nous. Cela change aussi en fonction de l’évolution personnelle. Je peux très bien avoir honte à 15 ans parce que je ne suis pas M. muscle et à 25 ans je me dis que c’est un peu ridicule d’avoir voulu être M. muscle. Je peux très bien changer de regard sur moi. Je peux très bien m’étonner d’avoir eu honte ou ne pas me rendre compte d’avoir eu honte. Je m’en veux d’avoir eu honte. C’est tellement ridicule. Donc, j’ai honte d’avoir eu honte. Je peux très bien aussi être fier d’avoir eu honte. Il s’agit presque d’une preuve de morale. Si les gens souffrent, j’ai honte de ne pas les aider. C’est presque une preuve d’empathie, de morale. Les pervers n’ont jamais honte.

 

N.P : La honte peut être à la fois positive ou négative ?

B.C : Elle nous permet de vivre ensemble. La honte est un frein socialisant qui change selon les cultures, selon les âges, selon les valeurs attribuées aux événement

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mer

10

mar

2010

L'estime de soi : la forme la plus aboutie du Soi

 

L'estime de soi est la conséquence, positive ou négative, du jugement que nous portons sur nous même.

J'ai conscience que j'existe, j'ai une image de moi même constituée et maintenant qu'est ce que je pense de cette image ? Quelle est la valeur que je donne à cette image ?

 

L'estime de soi est une évaluation de soi-même qui ne se confond pas avec la réalité de ce que l'on est.

C'est en quelque sorte une forme d'échelle personnelle de valeur constituée par rapport à l'idéal du moi. Par exemple, on peut se trouver beau même si l'on n'a pas de caractéristiques physiques exceptionnelles ou encore se trouver nul alors que nous disposons de réelles compétences, etc.

 

L'estime de soi est donc une donnée totalement subjective.

 

Elle comporte une dimension essentielle : la croyance dans la possibilité d'être aimé.

 

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lun

08

mar

2010

Faire naître un enfant n'est pas suffisant, il faut aussi le mettre au monde

(...)

Pour décrire les premières mailles du tricot du tempérament de l'enfant, il faut tenir un raisonnement en spirale interactionnelle.

 

Il faut observer ce que fait un bébé (il fronce les sourcils), ce que ça fait dans l'esprit de sa mère ("il a mauvais caractère" ou "il se sent mal"), ce qui organise les réponses adressées à l'enfant ("je vais te mater" ou "le pauvre, il faut l'aider"), ce qui modifie en retur ceque fait l'enfant (pleurs ou sourires).

 

(...)

 

Chaque foyer met en scène son propre scénario où les représentations de chacun s'associent et jouent ensemble.

 

Chacun réagit en retour à l'autre tissant progressivement le lien parent-enfant.

Vécu comme un tyran, il agressera les autres et insécurisé, hurlera de plus belle.

Vécu comme un enfant trop facile, il peut risquer d'être "oublié " et se retrouver seul sans tuteur de développement.

 

Ces liens en boucle parents/enfants sont fondamentaux dans la construction de la personnalité de l'enfant.

Les figures d'attachement, outre leurs fonctions de protection, permettent la mise en place d'un style de développement émotionnel et induisent des préférences d'apprentissage.

 

Et les scénario sont infinis. La scène du théatre familial est composé par les récits de chacun, les histoires antérieures à la rencontre, le contrat non conscient du couple et sa modification à l'arrivée de l'enfant. cet ensemble de récits, pas toujours harmonieux, constitue le champ de pressions gestuelles, verbales qui façonne l'enfant.

Le sens que les parents attribuent à l'enfant s'enracinent dans leur propre histoire et va fabriquer une nouvelle histoire.

 

Mais les histoires ne cessent de se remanier sou l'effet du surgissement toujours imprévu des événements.

 

On n'explique plus aujourd'hui les difficultés rencontrées par l'enfant de façon linéaire et irréversible : "il est comme ça, parce que ces parents..."

 

C'est dans le jeu relationnel toujours en mouvement  : mère-père-enfant que vient se construire par les attachements réciproques, la capacité de l'enfant à donner et à recevoir en sécurité.

 

Prendre conscience de la façon dont viennent se tricoter dans la famille les relations autour et pour un enfant est parfois utile, permettant par la même des réajustements réciproques, sources d'épanouissement pour chacun.

 

 

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jeu

04

mar

2010

Pour aujourd'hui

(...)

pour aujourd'hui, une seule phrase :

 

"tout ce qui n'est pas donné, est perdu".

 

de cela, je suis sûr.

 

Et j'ai reçu ce jour encore, cette réalité là, chevillé eu corps, au centuple.

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mar

02

mar

2010

Parce que, tout de même, un homme, c'est bien autre chose...

...

 

Parce que, tout de même, un homme, c'est bien autre chose, que le petit tas de secrets qu'on a cent fois dit. Bien autre chose, en deçà et au delà de l'histoire qui le concerne, comme un pays sans frontière, et l'horizon ne tient pas la longe qu'aux yeux.

 

C'est un pays rêvé quand on ne rêvait pas encore, et c'est le rêve d'un pays qui vous mène quand tout dort, quand on est soi-même endormi.

 

Au réveil, ça vous colle à la peau.

ça vous remplit et ça vous vide tout à tour.

La plénitude et le manque, systole, diastole, flux, reflux, qui font aller l'homme comme la mer, d'un bord à l'autre de lui même. L'égarent, le renversent, le relèvent.

 

Parce qu'un poète, c'est toujours un pays qui marche, boiteux parfois, cassé, cagneux, tanguant, tout ce qu'on voudra, mais debout, en avant, dressé comme la forêt, même si c'est son ombre toujours sur la terre qu'on voit, ou son reflet. L'illusion est complète pour qui croit le comprendre. Lui même ni comprend rien.

 

Se laisser porter deça, delà/pareil à la feuille. 

 

Va, vit, vivre, hirsute, ivre de jouir.

Fait la nique à son image ou s'y noie.

Insatisfait toujours, satisfait comme il faut quoiqu'il arrive.

 

et tout le reste est littérature."

 

Guy Goffette. Verlaine d'ardoise et de pluie.

Editions Gallimard. 1996

 

 

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lun

01

mar

2010

Un instant

(...)

 

Il fait gros temps : pluies de secondes, tourbillons de moments, vent de folie, on entend les clapotis dans les bassines.

Il y a des courants d'air, et ça fuit de partout.

Dans les idées, dans les cintres, par les pores, pour de vrai, pour de faux...

- le futur se prend les pieds dans le présent et culbute dans le passé.

- il y a là un homme qui voudrait fixer l'instant. Mettre des bâtons dans les roues du temps.

Construire des briques de silence tout en vidant son sac.

Sortir les grandes orgues, inviter les dieux, braver les empêcheurs en eau trouble, moquer joyeusement ceux qui roulent sur la bande d'apeurée d'urgence, arrêter la dérive des incontinents.

Faire l'éloge de la fuite, de l'ennui, de la lenteur. Emprunter des raccourcis et faire des détours. Bref, taquiner l'horloge, en se faisant le plaisir de joindre les deux bouts : le début et la fin.

ça pourrait s'appeler, pourquoi pas,

 

Il fait bon de ralentir, par les temps qui courent

 

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jeu

25

fév

2010

"Tout malade est un bien portant qui s'ignore"

(...)

Que se passe t'il quand des personnes qui nous rendent visite sont considérés comme NON pas malade mais bien portant.

 

Il faudrait ainsi nommer les symptômes autrement : maladresses, manque d'adresse pour saisir les événements, les choses et les gens.

Le patient n'et plusun malade mais un maladroit qui prend ses pieds dans le tapis, pas dans tous les tapis mais dans quelques-uns toujours les mêmes, qu'il semble choisir pour s'y faire mal avec un instinct infaillible.

 

(...)

 

Que transmettons nous à nos patients, pour les remettre sur pied, que transmettons si ce n'est...

 

(...)

 

Le recours à la Perceptude, là où les liens mouvants de l'existence se rétissent chaque jour, ceux qui renouent nos habitudes en leur donnant ampleur et mobilité.

 

Nos patients sont ils condamnés à mourir de soif auprés de la fontaine ?

C'est bien là que ça se joue.

Y plonger pourrait être opérant et ranimer l'existence, loin des eaux tranquilles et des chemins depuis longtemps balisés, qui ont été saupoudrés de mines personnelles.

 

 

d'aprés Il suffit d'un geste.

François Roustang.

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mer

24

fév

2010

La soupe de l'espace

(...)

mercredi, jour des enfants

de leurs parents

et de leurs grands...

parents.

 

mercredi, jour de la sOupe

 

mercredi, jour de sortieS

jour de lectureS

(...)

UN SEUL endroit sur terre où acheter vos livres :

La soupe de l'espace.

 

 

http://www.soupedelespace.fr/leblog/

 

Un énorme merci à Mel et Jean

pour leur belle générosité

et pour les...

les liens de la Soupe.

 

 

 

 

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lun

22

fév

2010

Changement

(...)

 

"à force de vouloir l'inaccessible nous nous empêchons ce qui serait réalisable"

 

P. Watzlawick et coll. 

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sam

20

fév

2010

Dans le brouillard, la réalité change de forme et les nuages bas nous transportent vers le haut, vers le ciel.

La nuit dernière, au Quai (Angers)

 

Nebbia.

 

 

"Certains brouillards sont épais et profonds comme des ivresses. On yperd ses points de repère; il n'y reste que les révebères, références blafardes, ilôts de lumière. (...) Dans le brouillard, on ne se perd pas, on fait seulement des rencontres étranges, qui ne sot ni des mirages ni des hallucinations.

 

Dans le brouillard, la réalité se transforme en rêve, ou peut-être qu'elle ne se transforme pas, mais elle se présente à nous comme si c'était le cas. Tout devient possible.

 

Dans le brouillard, la réalité change de forme et les nuages bas nous transportent vers le haut, vers le ciel.

Dans Nebbia, la pluie de liberté nostalgique ne se déverse plus sur nous, mais le ciel descend comme un manteau pour nous couvrir les épaules, pour protéger nos rêves.

 

(...)

Le brouillard qui descendait lorsque nous étions en visite chez mes grands-parents engloutissait la maison des voisins, puis c'était le quartier qui disparaissait et finalement, le petit village tout entier.

 

Debout sur le balcon du salon, j'épiais le néant, et quand le ciel se faisait très bas, j'entrevoyais des choses étranges. Les vagues de la mer venaient lécher le portail du jardin, et des hallucinations défilaient le long de l'allée de peupliers. Des amoureux se poursuivaient, je voyais des chameaux, des éléphants, des soldats revenant de la guerre…Une fois, je me suis même vu passer : j'étais déjà grand et je conduisais une voiture rouge.

 

C'était souvent carnaval, pour ainsi dire, toujours...

 

Le bruit de la mer était omniprésent; et quand le brouillard se levait, il restait des bars et des rougets sur la route. Une fois, on a même retrouvé un bateau de pêche sur la place du village : un bateau de pêche tout entier, mais la mer était à trois cents kilomètres de la maison de mes grands-parents.

 

Il existe aussi d'autres brouillards : les brouillards qui descendent devant nos yeux, qui glissent un mince voile entre nous et ceux qui se trouvent déjà un peu ailleurs.

 

Depuis quelque temps, un brouillard est descendu entre ma grand-mère et moi. Je deviens un peu flou dans son regard, parfois je suis mon grand-père dans son jeune âge ou, l'espace d'un instant, seulement un inconnu, une ombre. Ma grand-mère a passé au-delà du ciel qui s'est fait très bas. On l'entrevoit parfois, c'est alors la fillette que je n'ai pas connue, la jeune femme qui a fait tourné la tête de grand-père, le vieil olivier qu'un aïeul a planté dans le jardin…

 

Dès ma tendre enfance, j'ai été fasciné par l'acrobatie. Fasciné par le geste qui défie les lois de la gravité, qui est force et légèreté, précision, synchronisme, confiance, surprise ou risque. J'aime l'inexprimé du théâtre, le voilé, le geste qui demeure invisible.

 

Quand le ciel se fait très bas, on voit des choses qu'on ne voit pas normalement. On voyage à l'intérieur d'un monde fait de souvenirs, d'images inventées qu'on appelle des rêves pour plus de commodité.

 

 

Daniele Finzi Pasca
Auteur et metteur en scène

 

 

 

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jeu

18

fév

2010

Quitter ses vieilles douleurs

(...)

Au vrai, tout en se montrant tendre, Néoptolème enjoint Philoctèle à la vaillance et le rappelle à sa grandeur première - une grandeur qu'il a désertée, une noblesse qui l'a trahie en lui préférant les lamentations et les imprécautions.

 

Au lieu de lui dérober son arc, comme le voulait Ulysse, le jeune homme le remet en possession de ses armes infaillibles. Il redonne à l'homme infirme les armes qu'autrefois Héraclés lui confia. C'est une façon de le restaurer dans sa dignité première, de le redresser. Une façon symbolique de lui dire : même si ton corps est en proie à la fièvre et à la maladie, même si tu te sens rejeté et offensé, il y a quelque chose en toi qui est indestructible, que personne ne peut dérober, ni souiller, ni trahir. Et cette part immortelle veut que tu quittes ton séjour de misères et que tu ailles dans la grande bataille. (...)

 

Il s'agit de passer de l'état de "consentant" à sa mal, à l'état de sujet conscient et responsable, à l'état de vivant. Il s'agit de s'éveiller, de quitter le cocon ou sa prison de souffrances.

 

L'homme nouveau, l'homme éveillé, n'est pas celui à qui arrive des choses extraordinaires, mais celui qui a ressenti avec acuité, fulgurance, et de façon irréversible, l'obligation de se libérer. La voie proposée par Sophocle, et par tout récit initiatique, consiste à tirer l'homme de son état de pathologique (pathosà , triste, pour en faire un homme de passion (passio). Et on ne peut vivre passionnément sans être passé par la blessure et sans l'avoir dépassé.

(...)

La leçon que donne à entendre le dramaturge est que l'on ne peut obtenr les armes infaillibles en refusant la faille, l'homme blessé ; que la vitoire est une blessure surmontée ou glorifiée et que c'est une illusion, propre aux mortels, non aux héros, de vouloir savourer le bonheur de la vie sans en connaître l'amertume et la précarité.

 

Ce grand guerrier brisé nous touche et nous enseigne. Qu'a t'il donc acquis ? Que convient il d'entendre par ce chemin de dénuement et d'endurance ?

 

La voix de philoctèle murmure à l'intérieur de nous : je suis riche de mes rencontres, de mes amitiés, de mes rêves et de mes victoires ; mais je suis riche aussi de toutes mes douleurs, de mes chutes n de mes pertes sans nombre. Je suis vivant grâce à tout ce que j'ai reçu et gagné, je suis vivant aussi d'avoir été trahi et dépouillé et d'avoir persisté. La perte grandit davantage que le triomphe, elle a l'âpre vertu de libérer l'homme mieux que toute acquisition. Difficile leçon. Mais la sagesse est à ce prix.

 

d'aprés Jacqueline Kelen. 2005

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sam

13

fév

2010

(...)

(...)

 

pour 4 jours,

vacances.

 

retour au 45 Grande Rue,

mercredi.

 

(...)

 

 

"Cent fois par jour, je me dis que ma vie,

à l'intérieur comme à l'extérieur,

dépend de la peine d'autres hommes, vivants ou morts,

et que je dois donner autant que je reçois."

 

A. Einstein

 

(...)

 

Merci à tous ceux et celles

qui m'ont fait confiance

en ce début d'année. 

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ven

12

fév

2010

On n'apprend pas à nager en lisant un livre sur la natation

(...)

à propos de la thérapie brève (2)

(...)

C'est en effet par "l'action concrète" que nous parvenons au changement pas par le savoir abstrait, intellectuel. De nombreux patients disent d'ailleurs :

 

"oui, je sais, je sais, j'ai beaucoup travaillé celà. Je sais d'où vient mon problème, je sais ce qu'il faudrait que je fasse, je sais...".

 

Ils savent et ils ne changent rien à leur situation qu'ils disent cependant douloureuse depuis longtemps.

 

Savoir sans agir, quel drame quand il s'agit de souffrance !

 

Comme le disait Heinz Von Foerster : "si voulez voir, apprenez à agir".

Nous privilégions l'action à l'explication pour arriver au changement. Nous rejoignons F. Alexander quand il parle de l'expérience corrective émotionnelle.

Comment créer une expérience qui ménera à une diminution de la souffrancer ?

Si, comme le disait Laborit, l'inhibition de l'action, c'est la pathologie assurée, alors nos thérapies seront souvent des mises en mouvement qui soulagent.

 

(...)

 

puisque "le vent contrarie celui s'y oppose et aide celui qui l'utilise"...

 

Qu'est ce qui m'empêche d'utiliser plus souvent cette attitude, cette action, qui me réussit mieux ?

 

car finalement, l'"important n'est pas ce que nous savons mais ce que nous faisons de ce que nous savons".

 

 

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jeu

11

fév

2010

Thérapie brève (1)

(...)

Le droit du patient :

 

"le patient a droit au soulagement le plus rapide, le plus complet et le plus durable possible de sa souffrance et de la façon la moins envahissante qui soit. Je ne lui demanderai rien d'illégal, rien d'immoral, rien d'impossible. En contrepartie, il fera tout pour me rendre inutile aussi vite que possible".

 

(Nicholas Cummings. Le contrat thérapeutique)

.

 

 

.

 

"Ce qui TOURMENTE les hommes, ce n'est pas la réalité mais les opinions qu'ils s'en font" (Epictète).

 

----------------------------------------------

 

"J'ai le droit à ma place.

Je suis utile par ma simple présence.

J'ai autant de valeur que les autres.

J'ai le droit de demander, de donner, de recevoir, de refuser.

J'ai les ressources en moi pour réussir.

J'ai le droit d'échouer. 

Il est important de se tromper pour réussir.

Je ne me laisse pas maltraiter par l'étau des choses à faire

Et je ne laisse pas des vétilles être promues au rang de réalité cosmique"

 

 

 

 

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mar

09

fév

2010

Contre la barbarie, les mots.

(...)

"Tant que nous aurons à notre disposition les mots, nous pourrons rejoindre autrui au sein d'une chaîne de voix qui ne seront jamais bâillonnées.

 

C'est notre unique,

notre modeste,

notre durable garantie en ce monde et contre ce monde.

 

Tant que cela restera possible, je parlerai, je ne pourrai pas, je ne voudrai pas me taire.

Tant qu'il y aura des bifurcations en chemin, je serai heureux d'emboîter le pas à l'hérétique Don Quichotte et je les emprunterai."


André Brink. Mes bifurcations. Mémoires

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dim

07

fév

2010

Heartland.

Découvrez la playlist air avec Owen Pallett
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sam

06

fév

2010

Le plus urgent ? - le plus difficile

 (...)

L'expérience de notre moment se chargerait de nous en apporter des preuves tangibles.

Au déni frappant le poème de non droit, nous voilà tenus d'opposer qu'il n'est de vie possible qu'à ce prix : regarder tous les ordres de l'existence effective comme autant d'arts - choisis en pleine conscience de l'"impossible" de leur pari. Connaître la sociabilité comm un art ; la politique comme un at ; la producion et les éhanges comme un art ; le sens comme un art ; le regard comme un art ; l'humain comme un art - reconnaïtre ce seul infini comme ce seul absolu : la relativité comme réelle de tout le réel.

(...)

Comment oublier un instant la haute teneur de la fatalité attachée à tus les mouvements du fantasme, s'illusionneraient-ils quelquefois sur leur capacité inventive, leur LIBERTé ?

Comment, alors, bondir hors des voies de la répétition sans fin des conflits de force les plussommaires, de la méprise quant à l'autre, pour ne rien dre de la farandole des naïvetés régulièrement promises à des déceptions pourtant prévisibles ?

(...)

Le plus urgent - le plus difficile. Par delà le bien et le mal en avait diagnostiqué le remède : connaïtre le "goüt de l'absolu" comme le "pire des goüts" ; "introduire un peu d'art dans nos sentiments" -

Qu'est ce qu'un art ? Le pari pris d'une possibilité nouvelle du visible, de l'audible, du lisible, du vivable - choisie pour l'impossible même qu'elle ose, et qu'on aura, par aprés, le cran de risquer, avec ce qu'il faut de légéreté instruite, à l'encontre des fatalités du zoologique et du grégaire."

 

Jean Paul Michel.

 

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mer

03

fév

2010

La vie retrouvée

La vie retrouvée

 

Voici ce que j’ai vu (…)

Pas de vie retrouvée sans goût pour celle-ci, celui des amitiés, des repas partagés, des rires offerts, des émerveillements simples.

Un goût donné en excédent, sans contrepartie. Bonté de la saveur et du plaisir qui font face aux chagrins.

En dépit de la peine, reconnaître les goûts offerts de surcroît, supplément de vie ; de vie sensée.

La question : comment vivre en ce monde difficile ?

Après avoir tant espérer en ce qui ne leurrerait pas.

Prendre alors ce qui est donné « sous le soleil », rejoint le presque rien de Jankelevitch.

 

Pas grand chose, donc, apparemment : mais il change le cours de l’existence.

 

A travers, ce simple qui vient se proposer au fil des jours, la vie se redécouvre, aimable.

Elle s’apparente à la marche retrouvée et réapprise après un accident.

 

(…)

 

Comment, alors vivre ?

Donner son poids de vie, de surprise, à ce temps offert. Saisir le présent, se rendre disponible, sans prétention, mais avec gôut et force. Sel de la vie, sel de la vérité de l’exister sans doute.

Là, au creux de ce qui a meurtri parfois si loin, l’humain peut encore décider de laisser passer de la vie, de l’air, du souffle. (…)

 

Tenter de ne pas rater le temps donné.

Joies simples sans doute, ordinaires.

S’attacher à l’offert, pour ce jour, ce moment, cette étape de notre vie. Ce qui est donné de surcroît…

 

(…)

 

Ce qui s’offre au terme de ce parcours est ce mystère ; une joie imprenable. Celle qui a, comme par miracle peut être, mais pas seulement, traversé ces rivages dangereux de la mort, des maudites désolations…(…) la réécriture est justement le lieu du lien, pour que s’ouvre notre histoire et notre liberté. La joie est là dans cette trouée, joie impossible à ravir.

(…)

ce n’est qu’au terme de notre voyage à travers l’échec, ses significations, les proximités qu’il exige, que ceci peut s’écrire. Car la joie n’est pas première. Ce qui est initial c’est bien la mise en question de nous mêmes, du sens de l’existence, à travers le malheur des échecs. Nous en ressortons en sachant, définitivement, que la vie est porteuse d’opacités, d’ambivalences, de tantd e complexités. Nous en ressortons avec l’intime conviction que l’humain peut habiter le poids de l’existence, pas sans les autres. Nous sommes plus fragiles d’apparence, mais en fin de compte plus vigoureux pour faire face au temps qui vient, mais d’une autre force, celle du courage et de la modestie, comme d’une autre volonté que celle de l’acharnement.

Nous en avons réchappé, car nous avons goûté, grâce à d’autres, le prix d’une existence un peu libérée, mise au large.

 

Cette joie n’est pas un état stable, dont nous pourrions faire provision pour d’autres jours sombres, elle se donne dans l’acte même de désirer, de consentir à la vie vivante, précaire mais ouverte, blessée mais relevée. Accueillir alors qu’il nous est offert de sentir la vie. Ni le bonheur, ni le chagrin, ni la honte, ni l’espérance. Sentir la vie, au risque d’en souffrir à nouveau.

(…)

Retrouvée la vie après la souffrance, c’est habiter un espace nouveau que la vie retrouvée vient à se réécrire, marquant qu’il n’y a pas d’écriture définitive, pas plus que de lecture unilatérale.

 

Dans cette capacité offerte autant que travaillée, la fatalité n’est plus, la vie, ainsi, fragile, mais tenace, ayant traversée les souffrances, trouve à inventer son nouveau chemin et rouvrir le temps de l’histoire."

 

Fred Poché.

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mar

02

fév

2010

La vie, c'est juste que du courage

  « Vous dites : C’est inguérissable ce qu’il y a en nous mais cela ne parvient jamais à nous empêcher d’être joyeux. Mais comment fait on au quotidien ? »

 

.

« Je crois que la vie, c’est juste que du courage. Et c’est le courage de vivre et c’est ce courage là qui est très gai, dans son fond. Si on arrive à le saisir, il y a un point de gaité qui ne vous quitte plus, plus jamais. On ne sait rien au bout du compte de la vie, alors pour en traverser les ténèbres, on a besoin juste de quelques étincelles »

 

(…)

 

Qu’est ce qui est grave ?

 

 

 Ce qui est grave, c’est le tort qu’on fait au plus faible, ça c’est grave, ça c’est très grave.

Ce qui est grave, c’est le tort qu’on fait à ceux qui n’ont pas de langue, pas de mot. ça c’est terrible.

 


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sam

30

jan

2010

pour ne pas tuer l'enchantement

(...)

Une même obsession habite les libérateurs du désir comme les défenseurs des bonnes moeurs : celle de guérir. Le sentiment de ses tabous pour les uns, a société de l'hédonisme pour les autres. Mais nos passions sont rebelles à la vulgate progressiste qui admoneste, à la vulgate passéiste qui fustige, elles se déploient, indifférentes au fait de savoir si elles sont morales ou conformes au sens de l'Histoire. Nous ne reviendrons pas sur les acquis du féminisme mais nous n'en finirons pas plus avec la vieille dramaturgie du coup de foudre, du couple, de la fidélité. 

 

L'amour n'est malade de rien, il est tout entier ce qu'il doit être à chaque instant avec ses abîmes et ses splendeurs. Il demeure cette part de l'existence que nous ne maîtrisons pas, rétive aux embrigadements, réfractaires aux idéologies. 

On ne le sauvera pas des blessures qui l'affectent, des exclusions qu'il pratique : il reste impur, fait d'or et de boue, un enchantement ambigu ; gommez l'ambiguité, vous tuez l'enchantement.

 

Il faut garder de lui ce qu'il a de meilleur, sa vitalité, son pouvoir de tisser des liens, son approbation dionysaiaque à la vie, à la fois exquise et douloureuse.

Et trouver des non solution interminable de ses maux, le charme d'une solution possible.

Sagesse de l'amour, sacralité du coeur, transcendance de la sphère privée, la tentation est grande d'annexer ce sentiment dans le cercle de la Raison, du Sens, de l'Ethique.

Nul besoin de lui tresser tant de lauriers : il se défend bien tout seul. Il y a perfectibilité de l'individu, progrés dans la condition des hommes et des femmes, il n'y a pas de progrés en amour.

Il restera toujours de l'ordre de la surprise.

C'est la bonne nouvelle de ce siècle commençant.

.

Arrivés au soir de notre vie, le soupçon nous vient que nous avons parfois mal agi. Nous n'avons pas eu le mot juste pour l'ami qui en avait besoin, pour l'enfant qui nous était confié...Nous avons été tout à tour lâches et mesquins mais aussi quelquefois nobles et généreux.

Telle est l'abondance du coeur, qu'au milieu de tant de petitesse, il soit capable de nous rendre meilleurs, de nous élever au dessus de nous mêmes.

A tous ceux que tenaille la peur de la deception ou de la moquerie, il faut répéter : n'ayez pas honte de vos contradictions ou d'être qui vous êtes : naïf, fleur bleue, fidèle ou volage. Ne vous laissez pas intimider par vous même.

Il n'y a pas qu'une seule route vers la joie.

 

Nous aimons autant que les hommes peuvent aimer, c'est à dire imparfaitement.

 

Pascal Bruckner. Conclusion de l'essai Le Paradoxe amoureux. Octobre 2009.

 

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ven

29

jan

2010

des jeunes comme uniques

(...)

parce qu'ils me disent

et parce que je leur dois bien ça,

 

spéciale dédicace aux "petits patients" de la semaine.

 

Toile impériale.

 

 

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mer

27

jan

2010

Apparition

pour agrandir la photo, cliquez dessus 

.

.

 

"Que les gens disparaissent est au fond moins surprenant que de les voir apparaître soudain devant nous, proposés à notre coeur et à notre intelligence. Ces apparitions sont d'autant plus précieuses qu'elles sont infiniment rares."

 

C.Bobin

 

ce jour, en photo et sensations.

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mer

27

jan

2010

Chevaucher son tigre

(...)

« Chacun de nous va se coucher chaque nuit auprès d’un tigre. On ne peut savoir si ce dernier, au réveil, voudra nous lécher ou nous dévorer »

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mar

26

jan

2010

L'aventure, la grande aventure...

...

l'aventure, la grande aventure, c'est de voir surgir quelque chose d'inconnu, chaque jour, dans le même visage. Cela vaut tous les voyages autour du monde.

 

Giacometti

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lun

25

jan

2010

Ouvrir l'imaginaire

(...)

 

Ouvrir l'imaginaire des enfants, leur faire inventer des histoires, les inciter  à dénouer des situations, les nourrir de contes adaptés à leur âge, c'est leur donner les forces nécessaires pour construire l'estime de soi indispensable à la traversée des épreuves de la vie. Acquérir une liberté intérieure, être capable de s'évader dans le symbolique constituent une force inaliénable qui sauve de toutes les aliénations extérieures. Alors laissons les enfants jouer avec les mots...leur expression orale y gagnera en liberté et en confiance. Le dessin et l'expression libre donnent de petits chefs-d'oeuvre de poésie. Bricoler avec son savoir, c'est s'ouvrir à la joie de la rencontre et des différences.

 

Danielle Dalloz.

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jeu

21

jan

2010

Elle est sale

...

   elle est sale. Même propre elle est sale. Elle est couverte d’or et d’excréments, d’enfants et de casseroles. Elle règne partout. Elle est comme une reine grasse et sale qui n’aurait plus rien à gouverner, ayant tout envahi, ayant tout contaminé de sa saleté foncière. Personne ne lui résiste. Elle règne en vertu d’une attirance éternelle vers le bas, vers le noir du temps. Elle est dans les prisons comme un calmant. Elle est en permanence dans certains hôpitaux. C’est dans ces endroits qu’elle est le mieux à sa place : on ne la regarde pas, on ne l’écoute pas, on la laisse radoter dans son coin, on met devant elle ceux dont on ne sait plus quoi faire. Les jours, dans les hôpitaux comme dans les prisons, sont plus longs que des jours. Il faut bien les passer. On lui fait garder les prisonniers et les vieillards dans les maisons de retraite. Elle a infiniment moins de dignité que ces gens-là, assommés par l’âge, blessés par la Loi ou par la nature. Elle se moque parfaitement de cette dignité qui lui manque. Elle se contente de faire son travail.

 

Son travail c’est salir la douleur qui lui est confiée et toute agglomérer – l’enfance et le malheur, la beauté et le rire, l’intelligence et l’argent – dans un seul bloc vitré gluant. On appelle çà une fenêtre sur le monde. Mais c’est, plus qu’une fenêtre, le monde en son bloc, le monde dans sa lumière pouilleuse de monde, les détritus du monde versés à chaque seconde sur la moquette du salon. Bien sûr on peut fouiller. On trouve parfois, surtout dans les petites heures de la nuit, des paroles neuves, des visages frais. Dans les décharges on met la main sur des trésors. Mais cela ne sert à rien de trier, les poubelles arrivent trop vite, ceux qui les manient sont trop rapides. Ils font pitié, ces gens.

 

Les journalistes de la télévision font pitié avec leur manque parfait d’intelligence et de cœur – cette maladie du temps qu’ils ont, héritée du monde des affaires : parlez-moi de Dieu et de votre mère, vous avez une minute et vingt-sept secondes pour répondre à ma question. Un ami à vous, un philosophe, passe un jour là-dedans, dans la vitrine souillée d’images.

 

On lui demande de venir pour parler de l’amour, et parce qu’on a peur d’une parole qui pourrait prendre son temps, peur qu’il n’arrive quelque chose, parce qu’il faut à tout prix qu’il ne se passe rien que de confus et de désespérant – c'est-à-dire moins que rien –, en raison de cette peur on invite également vingt personnes, spécialistes de ceci, expertes en cela, vingt personnes soit trois minutes la personne.

 

La vulgarité, on dit aux enfants qu’elle est dans les mots. La vraie vulgarité de ce monde est dans le temps, dans l’incapacité de dépenser le temps autrement que comme des sous, vite, vite, aller d’une catastrophe aux chiffres du tiercé, vite glisser sur des tonnes d’argent et d’inintelligence profonde de la vie, de ce qu’est la vie dans sa magie souffrante, vite aller à l’heure suivante et que surtout rien n’arrive, aucune parole juste, aucun étonnement pur.

 

La télévision c’est le monde qui s’effondre sur le monde, une brute geignarde et avinée, incapable de donner une seule nouvelle claire, compréhensible. La télévision c’est le monde à temps plein, à ras bord de souffrance, impossible à voir dans ces conditions, impossible à entendre. Tu es là, dans ton fauteuil ou devant ton assiette, et on te balance un cadavre suivi du but d’un footballeur, et on vous abandonne tous les trois, la nudité du mort, le rire du joueur et ta vie à toi, déjà si obscure, on vous laisse chacun à un bout du monde, séparés d’avoir été aussi brutalement mis en rapport – un mort qui n’en finit plus de mourir, un joueur qui n’en finit plus de lever les bras, et toi qui n’en finis pas de chercher le sens de tout çà, on est déjà à autre chose, dépression sur la Bretagne, accalmie sur la Corse.

 

Alors. Alors, qu’est-ce qu’il faut faire avec la vieille gorgée d’images, torchée de sous ? Rien. Il ne faut rien faire. Elle est là, de plus en plus folle, malade à l’idée qu’un jour elle pourrait ne plus séduire. Elle est là et elle n’en bougera plus. Un monde sans image est désormais devenu malheureusement impensable. (…)

 

 

Christian Bobin.

L’inespérée.

 

 

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sam

16

jan

2010

Maladie, mal à dire

(...)

Le mal court en littérature. Et cela ne date pas d'hier. Qu'elles soient infectieuses ou insidieuses, chroniques ou endémiques, héréditaires ou imaginaires, les maladies ont toujours inspiré les écrivains. Ecrire avec des maux, quoi de plus naturel ? "Le poumon vous dis-je !"

Peste chez Camus, syphilis chez Baudelaire, tuberculose chez Thomas Mann, syndrome de Clérambault ou chorée d'Huntington chez Ian McEwan, cancer du sein chez Annie Ernaux, sida chez Hervé Guibert , cancer chez Catherine Leblanc et Emmanuel Carrère* (*NDA)... : la littérature, au fond, n'est qu'un vaste hôpital où les corps esquintés, rongés, mutilés, rappellent ce que disait Italo Svevo - la vie est la pire des maladies mortelles ;

 

Parfois, cela donne lieu à des clins d'oeil humoristiques - comme Hans et Claudia, dans La Montagne magique, échangeant non leurs photographies mais leurs radiographies. Parfois, le mal se fait entendre dans l'écriture elle-même, comme chez Proust lorsque la cadence de la phrase semble traduire un accès de suffocation. D'autres fois enfin, la souffrance restaure le lien avec l'essentiel, on goûte chaque instant volé comme dans le subtil et vivifiant récit de Sylvia Tabet, Les Patientes, qui sort ces jours-ci à La Découverte.

Lorsqu'une maladie en révèle une autre qu'on ne soupçonnait pas, ou qu'elle met à nu une forme de malaise chez autrui, en principe bien portant, la perspective devient plus passionnante encore. C'est le cas dans ce court et saisissant roman d'Elisabetta Rasy qui met en scène trois "personnages", une mère, une fille et "l'obscure ennemie" - en l'occurrence, la tumeur. Au lieu de rapprocher les deux femmes, comme l'une et l'autre le voudraient, cette force maligne va briser "le fil de la compréhension profonde" qui les unissait. Bouleverser les équilibres. Montrer une mère étonnamment insoumise bien que malade. Et une fille - pourtant écrivain - à qui le langage fait subitement défaut. Tant et si bien que le vrai sujet du livre va se déplacer insensiblement de la maladie de la mère vers "le mal à dire" de la fille.

L'auteur n'en fait pas mystère. L'écrivain, c'est elle, Elisabetta Rasy. Depuis ses débuts, cette Napolitaine installée à Rome signe des ouvrages conjuguant profondeur et grâce, souvent à mi-chemin entre roman et autobiographie. De l'autofiction à l'italienne pourrait-on dire, au meilleur et lumineux sens du terme, lorsque le texte pèse son juste poids d'universalité grâce notamment à ce que l'auteur appelle "un passeport de réalité" (on pourrait dire aussi d'authenticité).

Ici, la réalité surgit dès les premières lignes. Nous sommes à l'enterrement de la mère - autour d'une cavité "inutilement profonde", "un gouffre insensé" - avec "l'employé des pompes funèbres (...) aussi jovial qu'un agent immobilier". Il fait un froid sec en ce jour de février. Sec comme le style d'Elisabetta Rasy, sans effets de manches ni fioritures.

"Il n'est pas facile d'avoir affaire à un mourant, et il n'est pas facile, pour un être qui meurt, d'avoir affaire à soi-même", écrit l'auteur page 13. D'une certaine façon tout est dit. Le livre entier va tenir dans cette vérité simple. Dans un va-et-vient constant entre mère et fille, dans la reconstitution pas à pas de leurs contradictions ou de leurs malentendus. Et tout ça, millimètre par millimètre...

La mère : (elle) "redoutait la peur plus que la maladie. C'est à cette époque qu'elle décida d'utiliser des serviettes de table en papier rouge à la place des mouchoirs blancs, sans penser que la couleur du sang se distingue sur n'importe quelle autre, rouge inclus".

La fille parlant de sa mère : "Il m'arrivait de détester toute la souffrance que son corps irradiait telle une lumière noire. Ou sa voix. Je frissonnais quand elle laissait un message sur mon répondeur. On aurait dit le halètement d'un fantôme."

La mère : "Elle se mettait à présent à déchiffrer un réseau de traces mystérieuses, de gestes qui la perdraient ou la sauveraient selon l'ordre inflexible d'une religion archaïque exhumée des ténèbres enfantines."

La fille : "Mon désir de bien agir, de consulter les médecins appropriés, (...) amenait peut-être ma mère à me considérer encore comme une bourgeoise qui essaie de se conformer aux règles de la vie, perdant de vue l'essentiel." La fille encore : "J'aurais voulu mettre ma tête à son service, mais elle ne savait que faire de ma tête, elle voulait mon coeur qui s'efforçait de ne pas s'en mêler. (...) Pour elle la maladie était un voyage à l'intérieur d'elle-même, une question personnelle et non une affaire médicale à expédier."

Qu'est-ce que cela fait à une mère de voir son autorité sapée par la maladie ? Et à une fille de transporter, entre deux lamelles de biopsie, quelques "bouts infinitésimaux" de sa mère dans son sac à main ? Qu'est-ce que cela fait à un écrivain de voir que ses mots ne circulent plus, qu'ils sont comme coagulés, anémiés, définitivement privés de sens ?

Il y a beaucoup de questions chez Elisabetta Rasy. Et peu de réponses, heureusement. Mais de la modestie, de la finesse, de l'humanité à revendre. Administré en lente perfusion, un jour d'hiver sous la couette, ce texte est un puissant et délicieux analgésique. »

Florence Noiville/

L'OBSCURE ENNEMIE (L'ESTRANEA) d'Elisabetta Rasy, Seuil, janvier 2010

 

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ven

15

jan

2010

Nécessaire

« Autrefois j’ai participé à des entreprises collectives, j’ai adhéré à une communauté et j’aimais la boutade : « Nous sommes tous nécessaires, mais nul n’est indispensable. »

 

Aujourd’hui que ma peau a perdu toute faculté d’adhérence et d’adhésion à quoi que ce soit, je crois au sens inverse de cette phrase. Je me suis persuadé que nul n’est nécessaire, mais que par contre chacun est le fruit d’un accident prodigieux et gratuit qui, pour se réaliser, doit exclure une infinité d’autres, tous possibles.

 

Chaque individu est un don, un ajout non nécessaire, qui ne vient pas combler une case vide, mais enrichir tous les êtres. Une vie est cet excès de la nature, exagération retentissante d’une offre non nécessaire et pourtant irremplaçable. Chacun est une pièce unique, exceptionnelle, dont la fin est un total gaspillage, sans remède, sans substitution, sans dédommagement. Nul ne peut être remplacé. Le monde avance à force de dons et de dissipations, de cadeaux retentissants et de brusques effacements, d’excès et de manque. Ce n’est pas un système équilibré donner/avoir, il est fourni sans contrepartie. Nul n’est nécessaire, chacun est indispensable.

 

Un dimanche, il y a quelques années, la télévision retransmit la mort d’un athlète. Au cours d’un match de basket-ball il fut pris d’un malaise, se pencha du côté du cœur en faisant un geste pour demander son remplacement. Il tomba au bord du terrain et mourut là. J’ai gardé le souvenir de ce geste purement héroïque d’un athlète qui, sur le point de s’effondrer, ne réclame aucun secours pour lui, mais pour son équipe. J’ignore si la partie a continué ou si elle a été suspendue, il est sûr que tôt ou tard quelqu’un a pris sa place de titulaire. Mais nul ne peut l’avoir remplacé dans ce monde, privé du don de son existence, de la sienne entre toutes les autres. »

 

Erri De Luca

1997

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jeu

14

jan

2010

Se libérer du corps de souffrance

EN EXTRAIT, ce jour :

 

LA SUITE ICI :  LE TEXTE dans son intégralité

 

 

« La douleur et la souffrance sont inévitables tant et aussi longtemps que vous êtes identifié à votre mental, c'est-à-dire inconscient spirituellement parlant.

Je fais ici surtout référence à la souffrance émotionnelle, également la principale cause de la souffrance et des maladies corporelles. Le ressentiment, la haine, l'apitoiement sur soi, la culpabilité, la colère, la dépression, la jalousie, ou même la plus petite irritation sont sans exception des formes de souffrance. 

 

(...)

Il existe deux types de souffrance : celle que vous créez maintenant et la souffrance passée qui continue de vivre en vous, dans votre corps et dans votre mental. Maintenant, j'aimerais vous expliquer comment cesser d'en créer dans le présent et comment dissoudre celle issue du passé.

La plus grande partie de la souffrance humaine est inutile. On se l'inflige à soi-même aussi longtemps que, à son insu, on laisse le mental prendre le contrôle de sa vie.

La souffrance que vous créez dans le présent est toujours une forme de non-acceptation, de résistance inconsciente à ce qui est. Sur le plan de la pensée, la résistance est une forme de jugement. Sur le plan émotionnel, c'est une forme de négativité. L'intensité de la souffrance dépend du degré de résistance au moment présent, et celle-ci, en retour, dépend du degré d'identification au mental. Le mental cherche toujours à nier le moment présent et à s'en échapper. Autrement dit, plus on est identifié à son mental, plus on souffre. On peut également l'énoncer ainsi :

 

PLUS ON EST À MÊME DE RESPECTER ET D'ACCEPTER LE MOMENT PRÉSENT,
PLUS ON EST LIBÉRÉ DE LA DOULEUR, DE LA SOUFFRANCE ET DU MENTAL.

 

Tant que vous êtes incapables d'accéder au pouvoir de l'instant présent, chaque souffrance émotionnelle que vous éprouvez laisse derrière elle un résidu. Celui-ci fusionne avec la douleur du passé, qui était déjà là, et se loge dans votre mental et votre corps. Bien sûr, cette souffrance comprend celle que vous avez éprouvée enfant, causée par l'inconscience du monde dans lequel vous êtes né. 

Cette souffrance accumulée est un champ d'énergie négative qui habite votre corps et votre mental. 

 

(...)

 

Certaines personnes vivent presque entièrement dans leur corps de souffrance, tandis que d'autres ne le ressentent que dans certaines situations, par exemple dans les relations intimes ou les situations rappelant une perte ou un abandon survenus dans leur passé, au moment d'une blessure physique ou émotionnelle. N'importe quoi peut servir de déclencheur, surtout ce qui écho à un scénario douloureux de votre passé. Lorsque le corps de souffrance est prêt à sortir de son état latent, une simple pensée ou une remarque innocente d'un proche peuvent l'activer.

 

Le corps de souffrance ne désire pas que vous l'observiez directement parce qu'ainsi vous le voyez tel qu'il est. En fait, dès que vous ressentez son champ énergétique et que vous lui accordez votre attention, l'identification est rompue. Et une dimension supérieure de la conscience entre en jeu. Je l'appelle la présence. Vous êtes dorénavant le témoin du corps de souffrance. Cela signifie qu'il ne peut plus vous utiliser en se faisant passer pour vous et qu'il ne peut plus se régénérer à travers vous. Vous avez découvert votre propre force intérieure. Vous avez accédé au pouvoir de l'instant présent.

 

(...)


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mer

13

jan

2010

Se connaître ?

(...)

« Personne ne se connaît vraiment soi-même, et il faut devoir vivre une situation extrême pour s'en apercevoir. Chacun de nous peut avoir l'impression d'entrevoir un petit aspect de son moi profond - je suis nerveuse, je suis sensible, jamais je ne dirai une chose pareille, jamais je ne ferai une chose pareille, je ne suis pas du tout attirée par telle ou telle personne, voilà une limite que je ne franchirai jamais - mais ce n'est là qu'une illusion intime, et le jour où nous nous y attendons le moins, dans la situation la plus banale qui soit en apparence, nous découvrons que toutes les limites sont franchissables. Nous vivons plus ou moins heureux tant que nous ne savons pas ce que nous sommes, mais ce que nous sommes est en fait ce que nous ne sommes pas, car nous sommes toujours trompés par nos certitudes."

Extrait de "Un miracle en équilibre" de Lucia Etxebarria

 

« —Se connaître est sans fin... 
Certains événements nous transforment tellement !
— Et nous nous changeons nous-mêmes aussi. C'est un des plaisirs de la vie que l'on ignore longtemps. On se découvre, on change, on se façonne. Voilà ma définition de la maturité : savoir que l'on peut se travailler soi-même comme une pâte... à ! l'infini.   
— Vous le croyez vraiment ?
— Je l'espère en tout cas. Car les autres nous demandent toujours de changer ! Personne ne naît parfait. On , finit par déplaire en s'imposant tel que | l'on est. Se tenir là sans faire d'effort, il y a dans cette spontanéité une violence inacceptable. Il faut prendre sur soi, du moins si l'on espère vivre avec les autres. »

Les Autres. Alice Ferney

 

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dim

10

jan

2010

Sur le bord de l'inaperçu

(...)

"Celui qui s'abandonne échappe à ses propriétés, à ses pliures, à ses limites.

Il se déguinde. Il se dénoue et se délie, devient ductile, il se découvre une fluidité sensitive. Il peut se glisser dans la trame des choses, capter la vibration volubile du monde.

Tous les explorateurs inconnus ou fameux en allés vers les terres fabuleuses (...) ont su qu'il leur fallait s'y perdre pour enfin les découvrir, les déchiffrer et le reconnaître"

(...)

 

Michel Guillou. 2009

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jeu

07

jan

2010

Un objet de beauté est une joie sans fin

YouTube-Video
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mer

06

jan

2010

TOUT commence par l'ACCEPTATION

 

"Tout commence, nous le verrons par l'acceptation. 

 

Tout comme on ne PEUT PAS quitter un endroit où on n'a jamais accepté d'arriver, on ne peut s'écarter d'une souffrance dont on n'a pas accepté l'évidence et l'existence.

 

Il s'agit de partir inlassablement de ce qui est, pas de ce qui devrait être.

 

Non pas "je ne devrai pas souffrir autant, pourquoi, pourquoi ?" mais 

"cette souffrance est là. Je dois l'accepter. Puis, agir, pour la limiter, la délayer, la dissoudre dans ma vie. Mais pour cela, il me faut recommencer à vivre et non rester bloqué sur elle".

 

Regarder autour se soi, et se remettre en mouvement...

 

Christophe André.

in Souffrances ' Traversées et renaissances.


Vivre : souffrir.

Ame inquiètes, coeurs tristes, prisons et usures des ressentiments. Désespoirs.

Ne plus se débattre, inlassablement apprendre à laisser passer la vague, comme un nageur pas encore noyé. Accepter la souffrance, l'accueillir, oui l'accueillir, et l'observer : il y a toujours quelque part une issue de secours. Tiens bon, tiens bon, respire, et surtout garde les yeux ouverts.

La voilà, la sortie...

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lun

04

jan

2010

Je ne serai pas arrivé là si...

...

" ...si je n'avais pas fait preuve, à chaque instant de ma vie, d'un optimisme forcené.

Malgré les menaces, malgré les guerres. Malgré un environnement où le pessimisme, hélas, est mieux considéré. Je suis consterné de voir à quel point tout est fait pour casser l'élan, l'audace, le rêve, inciter au scepticisme, voire au cynisme, alors qu'il faudrait insuffler de la force et de la confiance dans le monde. Parents et professeurs cherchent à normaliser les enfants ; contraignent, encadrent, limitent, au lieu de donner des ailes. Quelle erreur !

(...)

la meilleure façon d'apprendre à nager est parfois de le faire à contre-courant. Sans craindre la solitude, la contreverse, l'impopularité en gardant cette optimisme nécessaire à toute réussite."

 

et puis aux gens qui disent qu'il y a toujours des problèmes insolubles, je réponds : "si un problème n'a aucune solution, ce peut ne pas être un problème, mais un fait - sa finalité n'étant pas d'être résolu mais de passer l'épreuve du temps. »

 

Shimon Pérés.


Né en 1923 et arrivé en Palestie en 1934, Shimon Pérés a oeuvré toute sa vie à la création et à la défense de l'Etat d'Israël. Prix Nobel de la Paix pour sa contribution aux accords d'Oslo, deux fois premier ministre, il est le président d'Israël depuis Juin 2007.

 

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ven

01

jan

2009

Mon voeu :

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sam

26

déc

2009

Une vie heureuse

(...)

Une vie heureuse est impossible. Le mieux qu'un homme puisse atteindre est une vie héroïque.

(...)

Irvin Yalom. La méthode Schopenhauer.

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jeu

24

déc

2009

Association Léonie. Coup de projecteur.

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mer

23

déc

2009

Le droit des enfants (1). Pour la fin de l'accouchement sous X ?

.

extrait de 

http://jprosen.blog.lemonde.fr/

 

 

En Europe l’accouchement sous « x » c’est-à dire la possibilité pour une mère de cacher son identité, et ainsi d’empêcher l’établissement de la sa filiation avec l’enfant est une spécialité française et … luxembourgeoise.

Elle répond au souci  du législateur pétainiste de lutter contre les infanticides. On se demande comment les autres pays font qui n’ont pas ce type de législation. D’abord disposition sociale – la femme entrant en clinique ou l’hôpital pour accoucher peut cacher son nom et ne pas avoir de fais à payer -, cette mesure est devenu un « droit des femmes » reconnu dans le code civil (art.  326 C. C) en 1993 grâce à un amendement voté dans une  loi  sur … le droit des enfants.

Droit de l’enfant ? Parlons-en.

La femme peut ainsi proprio motu priver l’enfant de toute filiation maternelle et par ricochet de filiation paternelle sauf si le géniteur informé de la grossesse a pu faire une « déclaration » au ventre ou déclaration pré natale.

On doit entendre et comprendre qu’une femme s’estime dans l’impossibilité d’assumer un enfant, non seulement de ne pas pouvoir l’élever mais encore d’assumer le simple fait qu’elle ait été enceinte. Il faut même l’accompagner dans ce cheminement qui peut à coup sûr est délicat mais peut être aussi  délicat douloureux à vivre.

Doit-on pour autant aller jusqu’à sanctionner l’enfant ? Force est de constater que mur dresser par la loi est solide masi il comence à être ébranlé.

Sa filiation appartient à l’enfant autant qu’à ses géniteurs. L’enfant né sous « X » ne vient de nulle part ; il n’est pas relié à une histoire. On conçoit combien souffrent  d’être amputé d’une partie d’eux-mêmes. Chacun d’entre nous s’est un jour interrogé sur le fait de savoir si Papa était Papa, si Maman était maman. Un bref tout d’horizon des photos de famille posées sur le vaisselier ou accrochées au mur nous a rassuré. C’est bien, la question de “Qui suis –je ? -  Où vais-je ? » (la vie, lamort) qui est posée.

C’est un droit de l’homme pour tout individu de savoir quelles sont ses origines biologiques. Nul ne peut l’en priver;  mieux :  nul ne peut s’interroger sur pourquoi l’individu veut exercer -ou neoas exercer - son droit de savoir.

Ce droit est consacré par l’article 7 alinéa  1 de la Convention internationale sur les droits de l’enfant (1989) ratifiée par la France qui veut que les Etats parties veillent à ce que l’enfant connaisse ses parents.

Maison peut dire aussi que le géniteur, voire les grands parents peuvent vouloir connaitre l’enfant dont ils apprennent l’existence.

Ainsi une récente décision en référé  du Tribunal de grande instance d’Angers (8 octobre 2009) vient d’autoriser des personnes qui s’estiment être  grands-parents d’un enfant né sous « X» à faire pratiquer un test génétique pour établir leur filiation avec cet enfant dont la mère, leur fille,  est décédée. Elle leur avait caché sa grossesse. C’est à travers une pièce attestant de son hospitalisation qu’ils ont découvert qu’elle avait pu accoucher.

Le positionnement de l’avocat du préfet est symptomatique : «  En autorisant ce test ADN on fait fi la volonté de la mère ! »

Dans le même esprit, par parallélisme des procédures et des droits,  on voit certains proposer  - Marcela Iacub - que les pères puissent aussi revendiquer la possibilité de ne jamais pouvoir être recherché dans leur paternité. Ben voyons ! Là encore au nom du droit des adultes. Position irresponsable bien évidement qu’il faut combattre comme telle.

Petit à petit le mur s’effrite qui voulait qu’une femme puisse délibérément couper l’enfant de ceux qui ont vocation à composer sa famille biologique.

Le père peut reconnaître valablement l’enfant le temps de l’accouchement et tant qui l’enfant n’a pas été placé aux foins d’adoption ;

L’enfant lui-même se rapproche de pouvoir obtenir le droit de connaitre ses origines. La loi de 2001 lui permet d’interroger un organisme - le CNAOP -  qui au vu des informations retrouvées  dans le dossier cherchera à contacter la mère et  vérifiera si elle maintient ou non son désir de secret.

La Cour européenne de justice dan s l’arrêt Odièvre (2003)  par 5 voix contre 4 a reconnu le droit de l’enfant de connaître ses origines mais estimé que la France à travers  la loi de janvier 2002 avait fait le nécessaire pour avancer dans l’exercice de ce droit.

Aujourd’hui donc les grands-parents sont autorisés à établir leur filiation étape nécessaire pur qu’ils puissent demander sinon d’adopter leur petit fils ce qui serait aberrant, mais du moins de se le voir confié et en tout cas de pouvoir le traiter come tel en le recevant et en  l’hébergeant.

Il faut aller carrément plus loin en en terminant avec cette disposition.

Non l’enfant n’appartient pas à sa mère ou à son père. Non,  les parents ne peuvent pas unir leur enfant en le privant de son histoire. Ils peuvent renoncer à l’exercice de leurs responsabilités mais pas le priver de filiation.

Quel parlementaire osera prendre cette initiative ?

Qui osera dire que tout individu a le droit de voir sa double filiation biologique ? Aujourd’hui nos sommes toujours dan s un droit adulto-centré même beaucoup ont le mot intérêt de l’enfant à la bouche. En vérité il faut garantir aux adultes le droit  de vivre leur vie. L’enfant intéresse peu.

On a introduit la coresponsabilité parentale (lois de 1987,1993, puis enfin de 2002)  mais tout simplement on a omis de garantir la première marche : comment garantir à l’enfant que ses deux parents seront égaux en droit s’il n’a pas deux parents légaux.

Tout simplement il appartient au bon vouloir des géniteurs d’être des parents légaux et donc d’assumer les conséquences de leur actes. Pire il peuvent se défausser en punissant leur enfant !

N’est-il pas temps à l’orée du XX° siècle de s’indigner collectivement et de remettre les pendules à l’heure ?

 

 

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ven

18

déc

2009

Bourreau de soi.

Il fuit. Il croit qu'il reste, mais il fuit. Il croit qu'il donne, mais il prend. Il croit qu'il aide, mais il tape. Dur, parfois. Sur son pote Michel, dont il révèle les secrets sans même se rendre compte des conséquences. Ou sur sa copine Sonia, qu'il aime, d'accord, mais quand ça lui chante... Daniel (Romain Duris, fébrile, furieux, terrifié) marche, parle, court, râle, toujours en mouvement, toujours en absence. Il ne possède rien, n'habite nulle part, sinon sur les chantiers des appartements qu'il rénove, sans vraiment les terminer.

Et voilà qu'un homme se met à le suivre, le traquer, le harceler. Un demi-clochard, croisé dans le métro, un cinglé qui se dit fou d'amour, qu'il a retrouvé, un jour, sur un de ses chantiers, saoul et à poil, qu'il a foutu à la porte et qui est rentré, aussitôt, par la fenêtre... Daniel a beau l'engueuler, le jeter, le frapper, l'autre revient. « Tu m'aimes ! Un jour, tu m'aimeras, c'est pas possible autrement... »

Cet homme n'est il pas son propre bourreau intérieur ? Un avatar ?

...

Avec ce film, ardent et terrible, Chéreau fait tout sauter. La distance qu'il s'obstinait à maintenir - et Dieu sait que certains le lui reprochaient - entre lui et ses personnages. Leur noirceur excessive, aussi, proche, parfois, d'un nihilisme salonnard.

 

Ici, ils sont tous pantelants, énervants (« J'agace tout le monde », dit Daniel, ce en quoi il n'a pas tort), mais en brûlures. En tourments. En vie... Sauf que vivre, précisément, ils ne savent pas : ils n'y arrivent pas, on ne leur a pas appris. Ils s'obstinent, néanmoins, ils y travaillent dur, comme Sonia (Charlotte Gainsbourg), qui n'est que patience et courage face à ce type qu'elle aime trop pour lui imposer cons­tamment sa présence. « Je suis une fille plutôt rassurante, lui murmure-t-elle, je le sais : tu m'as choisie pour ça. »

 

N'empêche que c'est dur, par moments, d'entendre son mec lui lancer, à bout d'arguments : « Puisque je suis arrivé à t'aimer, pourquoi, toi, tu ne cesserais pas, demain ? »... Et encore plus dur de s'apercevoir qu'on aime mieux à distance, quand on appelle l'autre, une nuit, de Philadelphie et qu'au téléphone il se montre brusquement inquiet, étonnamment tendre - tout ce qu'il n'est pas quand on est là...

 

Chéreau happe un drôle de monde à cran, où l'on se gifle, dans le métro, pour un sourire mal compris, où ce sont les persécuteurs qui se sentent persécutés, où chacun cherche en l'autre à la fois sa copie conforme et son double inversé. Notre fragilité, nos incohérences, notre déraison ont rarement été aussi bien mises en lumière - si, chez Jacques Doillon, jadis. Dans ces lieux clos en perpétuel désordre, dans ces rues nocturnes que Chéreau et son chef op, Yves Cape, éclairent comme un décor de théâtre. Où un jeune homme à moto se crashe, soudain. Où, après une rupture de plus, Daniel téléphone, encore et encore à celle qu'il n'arrive ni à aimer, ni à quitter, toujours guetté par son « idiot » amoureux...

Car il y a, évidemment, dans ce film superbe - le plus beau de Chéreau -, des lueurs et des abîmes dostoïevskiens chez les personnages, qui, tous, foncent dans la nuit pour trouver une possible lumière. Sonia s'appelle Sonia - comme l'ange salvateur de Crime et châtiment. Quant au « persécuteur » de Daniel (Jean-Hugues Anglade, génial), il se mue, lors d'une scène magnifique - un de ces plans qu'on aimerait voir Chéreau oser plus souvent -, en une sorte de confesseur. Une présence bienfaisante. Et l'on devine, alors, parce que c'est le seul à savoir aimer vraiment, qu'il continuera, en dépit des tortures et rebuffades, à veiller, de loin, sur son amour, telle une sentinelle...

 

Pierre Murat

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jeu

17

déc

2009

On tue un enfant

.

Qui ne fait et ne refait ce deuil de l'enfant merveilleux qu'il aurait été, reste dans les limbes et la clarté laiteuse d'une attente sans ombre et sans espoir ; mais qui croit avoir, une fois pour toutes, réglé son compte au tyran, s'exile des sources de son génie, et se tient pour un esprit fort devant le règne de la jouissance."

.

Serge Leclaire (in "On tue un enfant")

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mer

16

déc

2009

En chacun de nous il y a de l'espoir. En chacun de nous il y a de l'aventure. En chacun de nous, il y a de la peur...

.

Sortie en salle ce jour.

.

nécessaire.

.

http://wherethewildthingsare.warnerbros.com/

 

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mar

15

déc

2009

"Le but de la thérapie n'est pas tant de soigner les gens que de leur montrer ce qui, chez eux, est incurable".

 

La frustration a du bon pour le psychanalyste Adam Phillips.

 

Un vent nouveau s'est levé sur la psychanalyse, le corset étouffant de la théorie s'est desserré.

 

Bref, un bon coup de plumeau sur divans et bibliothèques. Ce courant d'air frais et tonique nous vient de Grande-Bretagne, l'excellente patrie, le home de la psychanalyse d'enfants. Que l'on songe à Anna Freud et à Melanie Klein, à John Bowlby et, bien sûr, au grand Donald Winnicott. Aujourd'hui, avec Adam Phillips, a star is born.

 

En France, le public se met, enfin, à découvrir ce psy-chanalyste insolite, avec un habituel train de retard.

Ses références : Keats, Shakespeare, Orwell

 

il apprécie la fameuse "décence ordinaire", le simple respect dû à autrui.

 

Il est consacré par le Times comme le "Martin Amis de la psychanalyse britannique", écrivain et critique de la condition "postmoderne". Adam Phillips, contributeur régulier à la prestigieuse London Review of Books, connaît bien les affinités secrètes qui lient littérature et psychanalyse.

 

"La psychanalyse britannique, c'est d'abord une question d'écriture", avance Adam Phillips. Le style, c'est le psychanalyste, et il faut écrire pour toucher, faire du remue-ménage dans les têtes figées. Hélas, la psychanalyse française, sauf pépites, est devenue une lourde barque chargée d'essais abscons, de monologues universitaires, de livres saturés de pseudo-scientificité, de quoi décourager le lecteur.

 

Finalement, on a oublié l'essentiel : la psychothérapie s'adresse à tous.

 

Qui ne traverse le défilé périlleux du sexe, de l'angoisse et de l'identité, bref, les turbulences de la vie psychique ? Et Lacan, notre parangon national, cet homme hiéroglyphe ? "Il a réussi la plus magnifique mise en scène de lui-même !" s'amuse Adam Phillips.

 

La psychanalyse britannique en use autrement. "Je parle de choses ordinaires, accessibles à tous. Je suis résolument antiélitiste", déclare-t-il, non par bonté d'âme mais, encore une fois, parce que la psychanalyse s'adresse à l'être de chacun.

 

Quels patients voit-il défiler dans son cabinet londonien ? Quelles nouvelles pathologies ?

Adam Phillips se refuse à tout discours "grandiose", comme il dit, à toute position en surplomb.

 

Mais il a bien des idées. "Je ne peux parler que de mes patients.

 

C'est la qualité de la relation humaine qui fait problème. Les gens sont désespérés à la simple idée d'une relation amoureuse qui ne serait pas durable ; jeunes, ils hésitent quant à leur possibilité de devenir adultes. Il y a une peur de perdre : la vie, la jeunesse, l'amour, la sécurité. Je constate souvent chez les adolescents de l'anorexie, des crises d'angoisse, une confusion entre le réel et la virtualité informatique."

Dans son dernier livre, Trois capacités négatives, Adam Phillips évoque l'étrange figure du perfectionniste chagrin.

 

Maître intraitable, accroché à ses exigences comme à la vie, ce dieu ne se remet pas d'une défaillance, et sa personnalité, dure comme un monolithe, ne sait pas transiger. Une clôture impossible et tragique. Un rien manque et tout manque.

 

On reconnaît, évidemment, le "conformiste", le héros rigide de Moravia, recyclé dans le film inquiétant de Bertolucci. De la pâte à fasciste. Pourquoi cette digression ?

 

 L'homme contemporain a du mal avec la frustration, il y a un climat d'avidité qui consiste à tout vouloir tout de suite. D'abord, en finir avec la frustration, c'est vouloir se débarrasser de ses désirs donc de la vie même, ce qui est vraiment curieux.

 

Ensuite, la frustration, c'est se ménager un espace salutaire pour soi et pour l'autre, éviter la saturation, le trop-plein des objets. Pouvoir imaginer ou se représenter, c'est, tout simplement, respirer.

 

Alors si vous demandez à Adam Phillips, enseignant à l'université d'York et actuel maître d'oeuvre d'une nouvelle traduction de Freud chez Penguin, pourquoi une analyse ? "Le but d'une analyse n'est pas tant de soigner les gens que de leur montrer ce qui, chez eux, est incurable", déclare-t-il. On ne guérit pas de la vie, on ne se dérobe pas à ses désirs interdits, sauf à voir le symptôme se rappeler à votre mémoire.

 

Chacun doit accepter sa part de folie. Son humour, très semblable à celui de son maître Winnicott, l'a immunisé contre tout dogmatisme.

 

Non, la psychothérapie n'est pas une science, mais une aventure incertaine.

 

 "On ne peut pas dire à un analysant, je vais vous raconter une histoire drôle. Non. Vous racontez et c'est à lui de voir"

 

texte de Alain Rubens pour la revue Lire.

à propos de l'ouvrage d'Adam Phillips. Trois capacités négatives.116p, L'olivier.

 

 

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