La psychologie positive
Paradoxalement, le bonheur est un gros mot pour beaucoup de psychologues, formés à écouter la souffrance du sujet plus qu'à dispenser des recettes de bien-être. Annoncée de façon diffuse par la psychologie humaniste et le développement personnel, la psychologie positive prétend qu'il est possible d'étudier précisément ce qui rend heureux, résistant, ou encore, pour reprendre un vocable qui fait florés "résilient".
Ce courant intéresse désormais une nouvelle génération de chercheurs français, dont bon nombre sont réunis dans un ouvrage :
' introduction à la psychologie positive'
Cet ouvrage est divisé en trois parties :
la psychologie positive est présentée successivement comme "un art de vivre" avec soi même (motivation, sens de la vie, vieillissement réussi...) avec autrui (empathie, gratitude...) mais aussi comme un instrument de changement social (croyance en la justice, comportement écocitoyens).
cette leçon d'optimisme ne se veut ni béate ni naïve, mais exhorte à se prendre en main avec pragmatisme pour savourer pleinement la vie.
Nouveau champ de recherche, appelé, sans doute, à un développement rapide, et dont les objectifs ne peuvent pas manquer d'interpeller les pratiques et les convictions. D'autant en effet que les recherches se multiplient entre émotions positives et santé, physique ou mentale.
Néanmoins, de l'aveu de certains mêmes, atteindre un "fonctionnement optimal" sans pour autant proimouvoir une norme sociale pourrait constituer l'un des défis de cette discipline. Le risque est là bien évidemment : devenir un "marchand de bonheur", un acteur de la marchandisation de la force personnelle au dépend de la fragilité (nécessaire pour permettre à l'air de passer) et par là même risquer de rendre l'humain, un peu plus normopathe.
Tout est encore, là à nouveau, dans la nuance de l'apport singulier lié à la rencontre thérapeutique.
